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Une locataire peu commode sauvée par la crise

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Suely Dos Santos

Photo courtoisie

Une Montréalaise qui rend « épouvantable » la vie de ses voisins, et dont le conjoint a déjà menacé le propriétaire avec un bâton, pourra conserver son bail pour le moment en raison de la crise de la COVID-19, a tranché la Régie du logement. 

« Ça n’a aucun sens... Je comprends qu’il y a le coronavirus, mais là, on parle de la sécurité des autres locataires... », explique Mario Tates, le propriétaire d’un immeuble locatif, rue Des Érables à Montréal. 

Depuis février, M. Tates tente de résilier le bail de sa locataire Suely Dos Santos. Il lui reproche des bruits excessifs, même la nuit, d’avoir saccagé une aire commune, ou encore de la violence physique envers lui ou d’autres locataires. 

« C’est épouvantable, c’est invivable », ont chacun dit cinq résidents de l’immeuble lors du passage du Journal, lundi. 

Le régisseur Charles Rochon-Hébert reconnaît que le préjudice qu’elle cause aux autres est sérieux, affirmant que la demande de résiliation de bail est « tout à fait justifiée ».  

Sauf qu’en raison de la crise de la COVID-19, Mme Dos Santos pourra rester chez elle, ajoute le régisseur. 

« Un arrêté ministériel est présentement en vigueur avec pour effet de suspendre tout jugement, sans exception, ordonnant l’expulsion de locataires », rappelle-t-il. 

Il explique que les circonstances ne lui semblaient pas assez exceptionnelles pour résilier le bail. 

À la place, il a donné une « dernière chance » à Mme Dos Santos, en lui ordonnant d’agir « en personne civilisée ». 

Décision absurde 

Pour la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec [CORPIQ], la décision du régisseur est « absurde » étant donné qu’il y avait une question de sécurité, ce qui justifiait l’urgence de la situation.  

Et même si l’expulsion avait été ordonnée, la locataire aurait très bien pu gagner du temps en portant la cause en appel. 

« Elle doit être morte de rire, affirme Hans Brouillette, de la CORPIQ. Avant même que le régisseur lui ordonne de ne plus troubler la paix, elle avait déjà cette obligation ! » 

Rencontrée par Le Journal, Mme Dos Santos a tout nié, jetant la faute sur ses locataires ou encore sur ses amis qui viennent la visiter. 

« Moi, je ne fais rien, ce n’est pas à moi de respecter [la décision de la Régie], c’est aux autres de le faire », a-t-elle lancé calmement, en affirmant qu’elle n’avait pas à changer son comportement.