/news/law

Accusée de meurtre, elle a déjà évité la prison à 12 reprises

Michael Nguyen | Journal de Montréal

Photo Fotolia

La femme de 44 ans accusée cette semaine d’avoir tué un octogénaire dans le quartier Ahuntsic, à Montréal, a déjà échappé à la prison 12 fois en raison de ses troubles psychiatriques, dont une fois pour avoir attaqué une fillette de 5 ans. 

• À lire aussi: Une femme accusée du meurtre d'un octogénaire à Montréal

« Elle a tenté d’étrangler une fillette de 5 ans en la soulevant de terre avec un foulard qu’elle porte autour du cou », expliquent des juges administratifs dans une décision concernant Julie Loiselle. 

Cette femme sans domicile fixe est accusée du meurtre de Pierre Ouellet, survenu le 20 mars, soit la veille de l’interdiction de rassemblement en raison de la crise de la COVID-19. 

Pour une raison que l’on ignore, Loiselle se serait rendue chez l’aîné, dans l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, et l’aurait tué avec un objet contondant. Le corps a été retrouvé neuf jours plus tard et la femme a comparu en cour lundi. 

Drogue et alcool  

Accusée de meurtre non prémédité, elle risque la prison à vie. Mais elle pourrait aussi être déclarée non criminellement responsable de ses gestes, comme elle l’a déjà été à 12 reprises depuis 2008. 

C’est que Loiselle souffre d’un trouble de la personnalité antisociale et limite, de bipolarité, ainsi que d’un trouble de l’humeur et psychotique induit par sa consommation de drogue et d’alcool. 

Une décision de la Commission des troubles mentaux datant de 2017 indique d’ailleurs que sa dangerosité est « chronique » et intimement liée à la drogue et à l’alcool. 

Ainsi, en plus de s’être attaquée à une fillette, Loiselle avait déjà frappé une aînée, menacé de tuer un employé d’hôtel, ou encore de dynamiter une buanderie. Se faisant passer pour une policière, elle avait dit à des adolescents qui sortaient de classe qu’elle allait les tuer. 

Prostitution 

La Commission avait toutefois remarqué une accalmie en 2017. 

« Sans consommation de drogue, l’accusée n’est pas dangereuse », avait dit l’organisme, en ajoutant qu’à ce moment, elle était sobre depuis une dizaine de jours. 

Les juges administratifs s’inquiétaient toutefois qu’en raison de dettes de drogue Loiselle ait recommencé la prostitution.  

« Madame n’a pas l’intention de cesser ses activités à court terme, elle se voit comme “confidente et thérapeute” et elle se sent utile », avaient-ils noté. 

Mais rassurée par son désir de retourner à l’école ou de trouver un emploi dans une cuisine, ainsi que par sa volonté d’arrêter la drogue, la Commission s’était dite « convaincue » que Loiselle ne représentait plus un danger pour la société. 

Ainsi, la meurtrière alléguée avait obtenu une libération inconditionnelle, si bien que depuis, elle n’était plus suivie par la Commission des troubles mentaux. 

Détenue depuis lundi, Loiselle pourrait demander une libération sous caution. Elle reviendra à la cour le 19 mai, pour la suite des procédures.