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Gigantesque déficit fédéral envisagé en 2020-2021

Emmanuel Martinez | Agence QMI

Andre Forget/QMI Agency

Le déficit fédéral pour 2020-2021 serait énorme en raison de la crise de la COVID-19 et de la chute des prix du pétrole, selon un scénario présenté par le directeur parlementaire du budget (DPB), jeudi.

Le manque à gagner pour Ottawa pourrait atteindre 184,2 milliards $ en 2020-2021, soit 8,5 % du Produit intérieur brut (PIB), la taille de l’économie canadienne.

«Pour situer ce déficit budgétaire dans une perspective historique, rappelons que la dernière fois qu’il a atteint près de 8,5 % du PIB, c’était en 1984-1985», a affirmé le DPB.

Ce déficit de 184,2 milliards $ représente 71,5 milliards $ de plus que ce qui avait été envisagé le 27 mars dernier, lors du dernier exposé du DPB. Le chien de garde des finances fédérales a ainsi tenu compte des mesures budgétaires d’urgence du gouvernement Trudeau annoncé jusqu’au 7 avril, qui totalisaient 105,5 milliards $.

Les dépenses annoncées par la suite par Ottawa ne font pas partie du document soumis par le DPB, jeudi, ce qui laisse croire que le déficit pourrait être encore plus lourd. Surtout que le DPB croit que des mesures pour soutenir ou relancer l’économie seront peut-être nécessaires plus tard cette année ou l’an prochain.

Dette en hausse

Combiné à un ralentissement économique, le déficit ferait évidemment gonfler la dette fédérale qui représenterait 41,4 % du PIB en 2020-2021. La dernière fois que ce ratio a été aussi élevé, c’était en 2002-2003. Le DPB note qu’Ottawa est encore loin du sommet de 66,6 % établi en 1995-1996.

«Le présent scénario ne constitue pas une prévision. Il ne montre qu’une des issues possibles à la situation», a toutefois insisté cette institution parlementaire.

Les finances du fédéral pour l’année en cours sont aussi davantage dans le rouge, selon le DPB.

Le déficit budgétaire devrait atteindre 27,4 milliards de dollars en 2019-2020, soit 1,2 % du PIB en 2019-2020.

Le DPB a souligné que le gouvernement «affichait un bilan sain» avant la crise de la COVID-19 et du plongeon des prix du pétrole. Par conséquent, Ottawa aura la capacité de contracter d’autres emprunts pour financer ses dépenses, surtout que les taux d’intérêt sont très faibles.

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