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Possibles inondations: le coronavirus rend les préparations plus difficiles

Elsa Iskander | Agence QMI

ELSA ISKANDER/24 HEURES/AGENCE QMI

Les précautions contre le coronavirus risquent de compliquer le travail des employés municipaux et des citoyens qui doivent protéger les résidences de possibles inondations printanières, reconnaît la mairesse de l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville, Émilie Thuillier.

Les citoyens doivent eux-mêmes protéger leurs résidences, avec des murets de sacs de sable, par exemple. Cela dit, les employés de la Ville peuvent être appelés en renfort et s’occupent d’ériger des digues temporaires.

«Pour certains types d’activités, le deux mètres [de distanciation sociale] ne peut pas toujours nécessairement être respecté et c’est pour ça qu’on va fournir des équipements, des masques et de gants aux employés», a expliqué Mme Thuillier, jeudi.

Son arrondissement, situé au nord de l’île de Montréal, est longé par la rivière des Prairies. «On est en mode "alerte" parce que la rivière monte. On voit que les niveaux d’eau sont quand même importants. On a atteint le seuil d’inondations mineures. Il n’y a pas de danger pour les résidences, mais on a quand même du territoire inondé en bordure de certains parcs.»

Jeudi, la rivière débordait sur les abords du parc de Beauséjour, a constaté le «24 Heures». Une piste cyclable non loin de la rue Cousineau était aussi en partie inondée.

Sur les rues Cousineau et Olivier, par exemple, des sacs de sable bordaient quelques maisons.

Environnement Canada annonçait des précipitations ce jeudi et vendredi également.

«Nos équipes sont prêtes à intervenir au besoin. On a déjà érigé une digue», a indiqué Mme Thuillier, en référence à celle au bout de la rue Notre-Dame-des-Anges.

«Il se peut que dans les prochains jours on aille ériger d’autres digues en fonction de l’élévation de l’eau.»

Entraide plus compliquée

«On vit tous dans un espèce de stress avec la pandémie. Quand on est confiné en sécurité dans sa maison, ça va. Maintenant, des gens sont confinés dans leur maison et ils ne se sentent pas forcément en sécurité avec la rivière qui monte», a noté Mme Thuillier.

S’il est compréhensible que certaines personnes puissent être inquiètes, la mairesse Thuillier assure que les autorités municipales sont bien préparées.

Pour l’instant, l’arrondissement n’a pas encore distribué des sacs de sable aux résidents et attend le moment opportun pour remettre deux palettes, soit un peu plus de 100 sacs, par résidence, dans les secteurs à risque. «L’année dernière, on en a donné à l’avance, mais on se les ai fait voler», a relaté M. Thuillier.

En avril 2019, des résidents des rues Cousineau et Crevier s’entraidaient pour protéger leurs maisons avec des sacs de sable et de pierre concassée.

«L’entraide est toujours possible», malgré la pandémie, a soutenu Mme Thuillier. «C’est sûr que ça peut être un peu plus difficile parce que là on ne peut pas faire une chaîne nécessairement. C’est une (seule) personne qui porte un sac.»

La distance de deux mètres à respecter s’applique à des personnes de ménages différents, mais pas nécessairement aux personnes vivant à la même adresse.

L’arrondissement n’entend pas distribuer des masques et des gants aux citoyens. Ceux qui souhaitent devront s’en procurer eux-mêmes.

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