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Un détenu isolé 23 heures sur 24 à cause de la COVID-19

Guillaume Cyr | Agence QMI

CAPTURE D'ÉCRAN / TVA NOUVELLES / AGENCE QMI

Mario a été chanceux de vivre une seule journée les mesures d'isolement dans une prison de Laval pour combattre le coronavirus. Il a été confiné dans une cellule 23 heures sur 24.

L'homme de 65 ans se trouve «chanceux» d’être libéré du Centre fédéral de formation à sécurité minimale depuis le 2 avril dernier, car un premier cas de la COVID-19 a été détecté dans la prison deux jours avant sa libération.

Il n'a vécu qu'une journée d'isolement en cellule, mais n'ose pas imaginer cette réalité sept jours par semaine et souhaite voir des mesures de distanciation sociale chez les détenus.

Mario, nom fictif, souhaite préserver son anonymat afin d'éviter les préjudices.

«La réaction première de la direction du pénitencier a été de confiner tous les détenus 23 heures sur 24 dans leur cellule à compter de ce moment, a expliqué Mario. Pourtant, il y a de l’espace disponible au pénitencier pour créer des aires d’activité, qui permettraient de respecter les mesures de distanciation sociale. C’est extrêmement difficile au niveau psychologique.»

Selon la Ligue des droits et libertés (LDL), d'autres familles se seraient confiées à propos de l'isolement, mais cette mesure ne serait plus en place à ce pénitencier en particulier.

L'Agence QMI a tenté de rejoindre le Centre fédéral de formation, sans succès.

Revendications

Ainsi, la LDL, l’Association des avocats et avocates en droit carcéral du Québec (AAADCQ) et Solidarité sans frontières (SSF) ont décidé de faire front commun afin de presser les gouvernements d’agir pour limiter la propagation du coronavirus dans les prisons et les pénitenciers du Québec.

Pour ce faire, les groupes demandent au gouvernement fédéral de réduire la population carcérale en libérant des centaines de détenus qui ne sont pas un danger pour la sécurité publique, en limitant les nouvelles admissions et en accélérant le processus des libérations conditionnelles.

Par ailleurs, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, a demandé au commissaire de Service correctionnel Canada si des mesures pouvaient être prises pour faciliter la libération anticipée de certains délinquants, a soutenu une porte-parole du ministre.

Centre de surveillance de l'immigration de Laval

Même constat du côté d'Abdoul, nom fictif, qui était au Centre de surveillance de l’immigration de Laval, alors que, selon lui, les conditions de détention sont très graves. Il avait participé à la grève de la faim des détenus, à la fin mars, pour demander leur libération.

«Il y a encore une quinzaine de personnes réfugiées ou demandeuses d’asile incarcérées à Laval alors qu’on sait qu’il y a au moins un gardien qui a été [déclaré] positif à la COVID-19 et qu’il n’y a toujours pas de test ou d’assistance médicale pour les détenus», a fait savoir Abdoul.

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