/news/coronavirus

Une transmission dans la communauté éventuellement acceptée

TVA Nouvelles

Le Québec finira par accepter une certaine transmission du virus de la COVID-19 entre individus moins à risque de développer des complications au sein de sa communauté, a laissé entendre jeudi le directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda. 

• À lire aussi: Pas de retour à la normale avant «un an, un an et demi» 

• À lire aussi: Situation critique dans six CHSLD de la province 

• À lire aussi: La règle du «deux mètres» est là pour rester 

«On va finir par accepter une certaine transmission dans la communauté pour que ça s’éteigne avec le temps. On va toujours évaluer la balance des risques de réouverture avec les risques épidémiques potentiels», a indiqué le Dr Arruda.  

Le premier ministre François Legault prépare depuis quelques jours les Québécois à un déconfinement progressif de la société et à une relance de certains secteurs économiques. Mercredi, il rappelait toutefois que la consigne de distanciation sociale de deux mètres allait rester en place pour encore «des mois». 

 

 

«Il ne faut pas que les gens pensent que la société va arrêter de fonctionner pendant un an et demi, a ajouté le Dr Arruda. Elle va revenir à un certain niveau de normalité.» 

Utilisant la comparaison avec un interrupteur, le Dr Arruda précise que le Québec a rapidement été mis à «Off» pour freiner la propagation du virus. La relance, elle, se fera progressivement, à la manière d’un gradateur. 

«Ça va être du stop-and-go», prédit de son côté l’ex-ministre de la Santé du Québec et actuel député libéral Gaétan Barrette. 

«Ça se peut qu’on ouvre la machine et qu’on se dise oups, on l’a peut-être trop ouverte, alors on revient, poursuit-il. On ne peut pas rester tel quel pendant 18 mois. Je suis prêt à parier un gros deux là-dessus.» 

 

 

Développer l’immunité collective 

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, à l’occasion du dévoilement des scénarios du fédéral sur la progression de la pandémie au pays, a déclaré jeudi matin qu’un retour à la normale n’était pas envisageable avant l’arrivée d’un vaccin, soit dans environ «un an ou un an et demi». 

Pour Gaétan Barrette, l’approche du Québec est plus responsable que celle d’Ottawa. 

«On ne peut pas dire que ça va durer longtemps jusqu’à ce qu’il y ait un vaccin. C’est une phrase avec laquelle je vis difficilement, souligne le Dr Barrette. Le vaccin, on ne sait pas quand il va arriver et on ne sait pas s’il va arriver.» 

Il est donc impératif, devant l’incertitude quant au développement d’un vaccin efficace, de développer l’«immunité collective» au virus, dit-il. Et pour que cela puisse se faire, les citoyens devront recommencer à circuler.

Autant l’économie que le milieu de la santé ne pourront pas continuer à fonctionner au ralenti comme c’est actuellement le cas durant plusieurs mois, soutient le Dr Barrette. Plusieurs chirurgies, par exemple, ne pourront plus être retardées. 

«Le système de santé fonctionne à un rythme qui est inférieur à celui du jour de Noël», rappelle-t-il.

Dans la même catégorie