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Le président sort de son salon pour aider ses collègues

Cédérick Caron | Le Journal de Montréal

Jocelyn Vachon a choisi l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour faire son retour dans une salle de traitement.

Photo Ben Pelosse

Jocelyn Vachon a choisi l’hôpital Maisonneuve-Rosemont pour faire son retour dans une salle de traitement.

Le président de l’Ordre professionnel des inhalothérapeutes du Québec a décidé de retourner sur le terrain afin de prêter main-forte à ses collègues qui luttent contre la pandémie de COVID-19.  

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Jocelyn Vachon a pris la décision d’aller au front vendredi dernier. En pause dans son travail de professeur, il a décidé d’être un acteur dans la crise sans précédent à laquelle est confronté le Québec.    

« Je commençais à tourner en rond dans mon salon. Ma femme est revenue du boulot et je lui ai annoncé ce que j’avais l’intention de faire », raconte M. Vachon.     

L’homme de 52 ans est à la tête de son ordre depuis 2013 et enseigne depuis 2002 au Collège de Rosemont. Depuis longtemps, ses journées consistent surtout à former la relève en inhalothérapie.    

Même s’il ne se placera pas en contact direct avec la maladie, il a l’appui de ses proches.    

« Les membres de ma famille me connaissent. Ils ont compris mon choix. Ma femme m’a demandé de bien me protéger pour faire attention de ne pas attraper le virus », poursuit celui qui compte près de 32 ans de métier.    

Affronter la COVID-19  

« J’ai toujours été un amoureux des soins d’urgence. Faire des choix rapidement, trouver la meilleure façon d’aider ses patients, s’adapter aux différentes situations qui évoluent de minute en minute, l’adrénaline que tout ça procure... Je ne me voyais pas aller ailleurs que dans un hôpital qui traite les patients de la COVID-19 », explique avec passion M. Vachon.    

Depuis hier, il s’est joint à l’équipe de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal. D’abord, il doit se refamiliariser avec le terrain, mais il devrait être intégré à l’équipe des soins intensifs dès demain et être aux premières loges du combat pour sauver des patients atteints par ce coronavirus.    

« Ça ne fait pas si longtemps que j’ai quitté les hôpitaux : ça doit faire deux ans. Avant, j’accompagnais mes étudiants en milieu de stage », précise celui qui est aussi professeur en techniques d’inhalothérapie au Collège de Rosemont depuis 2002.    

Entre ses présences à l’hôpital, il continuera à donner de la formation en ligne à ses étudiants.    

Selon lui, le fait d’enseigner lui procure l’avantage d’avoir suivi l’évolution des techniques et des technologies.    

Le Québec n’est pas en pénurie d’inhalothérapeutes, mais M. Vachon explique que différentes mesures ont été mises en place pour favoriser entre autres le retour de retraités en poste. Le but est de prévenir un manque de personnel advenant que plusieurs soignants contractent la COVID-19.