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Toujours coincés à l’étranger

Antoine Lacroix | Journal de Montréal

Odette Beaulé Népal

courtoisie

Près d’un mois après que la COVID-19 a complètement chamboulé le transport aérien et causé la fermeture de frontières de nombreux pays, des Québécois toujours pris en Asie déplorent le manque d’efficacité du Canada pour rapatrier ses ressortissants, contrairement à d’autres pays du G8 qui ont déjà affrété plusieurs vols de secours. À ce jour, 1020 prêts totalisant 3,4 M$ ont été approuvés par le programme d’aide fédéral pour aider des voyageurs canadiens à éponger les coûts pour revenir au pays. Environ 2000 autres demandes de prêt sont traitées actuellement. Voici des récits de voyageurs qui attendent toujours d’être secourus.  


UN RAPATRIEMENT DEMAIN?  

Odette Beaulé Népal

Photo courtoisie

Une sexagénaire de la Beauce espère être enfin rapatriée du Népal demain, mais se désole de la lenteur du processus.   

« Ça fait au moins trois semaines qu’on essaie d’avoir de l’aide du gouvernement, des ambassades pour retourner au pays. C’est super épeurant de vivre cette crise à l’étranger, on est laissés à nous-mêmes », laisse tomber Odette Beaulé, 68 ans, de Saint-Georges, en Beauce.  

Le périple de la dame a pris une tournure abrupte quand le pays a décidé de fermer ses frontières. Elle multiplie, depuis, les démarches pour revenir.  

« Un avion de Qatar Airways a été mandaté par le gouvernement du Canada pour nous rapatrier [demain], pour 3000 $ par personne. Pour l’instant, personne n’a eu ses billets d’avion, et on ne sait pas encore comment se les procurer et où se présenter », explique-t-elle, pestant contre le prix.   

- Jérémy Bernier, Le Journal de Québec 


 

«ÇA COMMENCE À ÊTRE GÊNANT»  

québécois prisonniers

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Un Québécois pris au Népal se sent coupable de devoir profiter des ressources de ce pays pauvre de l’Asie, où il craint par-dessus tout de tomber malade.   

« Ça commence à devenir gênant. Tu vois les voyageurs des autres pays comme l’Allemagne ou la France qui ont déjà été rapatriés, et nous, on est encore là parce que le gouvernement ne fait pas grand-chose », relate Guillaume Phaneuf, 27 ans, là-bas depuis février.   

Le peuple népalais est accueillant avec les étrangers selon le jeune homme, mais celui-ci dit se sentir « coupable d’abuser de leur hospitalité ».  

« Si quelqu’un tombe malade ici, ça devient très problématique, même si ce n’est pas la COVID-19. C’est peu développé. Ils n’ont pas d’équipements de protection pour leurs infirmières et leurs médecins », explique-t-il.  


«ON A TOUT FAIT POUR REVENIR»  

québécois prisonniers

Photo courtoisie

Un couple québécois confiné dans un hôtel de Puerto Princesa, sur une île des Philippines, aimerait que le Canada prenne les devants pour offrir un plan de secours concret, après trois vols annulés.  

« Oui, on garde espoir. Mais l’inquiétude augmente chaque jour », confie avec des sanglots dans la voix Sylvie Gauthier, 43 ans. Elle et son conjoint, Stéphane Gonthier, auraient normalement dû être partis depuis le 3 avril, mais leur vol a été annulé.  

« On a tout fait pour revenir, mais trois de nos vols tentés ont aussi été cancellés. Ça commence à coûter cher. On ne sait même pas si ça va être remboursé, déplore-t-elle. Il faut vraiment qu’ils organisent des vols intérieurs vers Manille et que de là-bas tout le monde puisse partir en même temps. »  


IL DEMANDE LA CLÉMENCE DU CANADA  

québécois prisonniers

Photo courtoisie

Un Québécois pris à Bangkok espère pouvoir être rapatrié au pays avec sa femme native des Philippines, même si elle n’a pas sa citoyenneté canadienne.  

« Je ne peux pas l’abandonner derrière moi, c’est beaucoup trop dangereux, laisse tomber Patrice Hébert, 57 ans, de la région de Bellechasse. Elle ne peut pas retourner chez elle, l’aéroport de Davao où elle habite est fermé jusqu’à on ne sait pas quand. »  

L’homme, qui est marié depuis mars 2019 avec sa conjointe Marsha, souhaite que le Canada fasse preuve de « clémence » et accueille celle-ci le temps que la situation se résorbe.  

« On a fait deux demandes de visa touristique par le passé et même si elle remplissait tous les critères, elles ont été refusées, affirme-t-il. On a pourtant tout fait comme il le fallait. »