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La famille d’une résidente du CHSLD Herron n’est pas surprise

Étienne Paré | Agence QMI

PHOTO COURTOISIE

La famille d’une résidente du Herron n’est pas vraiment surprise de toutes les histoires d’horreur relayées ces derniers jours à propos de ce CHSLD privé de Dorval.

«Ma grand-mère nous disait qu’elle ne mangeait pas, qu’elle ne buvait pas. On croyait qu’elle délirait, mais aujourd’hui avec tout ce qu’on apprend, on se dit que c’est probablement vrai», a confié Corinne Lessard, qui craint aujourd’hui le pire pour sa grand-mère, Jacqueline Sénécal.

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À la suite d’une pneumonie, la dame de 86 ans, qui souffre de la maladie d’Alzheimer, a été transférée temporairement au Herron, quelques jours à peine avant le début du confinement.

Dès qu’il y a mis les pieds pour la première fois, Danny Lessard, son fils, a su que quelque chose clochait dans cette résidence.

«J’ai été là à peine trois heures et j’ai vu des gens qui se volaient de la nourriture. Il y a un patient qui est tombé à côté de nous et il a été sur le dos pendant quelques minutes. Je ne pouvais pas croire que ma mère allait rester là», s’est remémoré M. Lessard.

Immédiatement, il a demandé que sa mère soit transférée ailleurs. Il a même écrit le 26 mars dernier à la ministre Marguerite Blais.

C’était bien avant que l’on confirme qu’une trentaine de résidents du Herron étaient décédés de la COVID-19 et que les médias fassent état des conditions de vie pitoyables dans le CHSLD. Des résidents auraient notamment reposé dans leurs excréments pendant plusieurs jours.

Jacqueline Sénécal devrait passer un test de dépistage pour la COVID-19 prochainement: des heures d’angoisse pour sa famille qui ne peut aller la visiter.

«Quand ce sera fait, on doit la transférer dans un autre centre le plus rapidement possible», a insisté Danny Lessard, qui a su que sa mère allait relativement bien en voyant sa photo dans le «Journal de Montréal» de dimanche.

Comme Mme Sénécal est toujours consciente de son environnement, il s’imagine bien cependant qu’elle doit être paniquée par la situation.

«En plus que tout fonctionne en anglais à l’intérieur, alors que ma mère ne parle que le français», a-t-il ajouté.

Ne serait-ce que pour cette raison, le réseau de la santé n’aurait jamais dû reloger Jacqueline Sénécal au Herron, selon ses proches.

«On sait que pour les personnes qui ont l’Alzheimer, le stress peut accélérer la maladie», a rappelé Corinne Lessard, qui aimerait encore vivre d’autres moments de qualité avec sa grand-mère avant que le temps ne leur échappe.