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COVID-19 : ces jeunes patients qui se battent pour leur vie à Montréal

TVA Nouvelles

Malgré la récence de la propagation du nouveau coronavirus, c’est déjà assez bien documenté : la COVID-19 fait davantage de victimes chez les personnes âgées, mais les plus jeunes ne sont pas pour autant à l’abri du danger.

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Au front, un médecin aux soins intensifs constate de visu les risques auxquels font face des personnes aussi jeunes que dans la vingtaine avancée lorsqu’elles sont atteintes du virus. 

Dr François Marquis, chef du service de soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, dirige au moment de ses lignes le traitement de patients d’à peine 30 ans dont on craint pour la vie, selon ses dires, même si l’unité dispose de tout l’équipement – les « fameux respirateurs » - et des tous les médicaments nécessaires à l’heure actuelle.

« C’est certain qu’il y en a moins, mais les jeunes, on en a dans la vingtaine ou dans la trentaine qui sont aussi malades que des gens de 70 ans, a expliqué Dr Marquis en entrevue sur les ondes de LCN, mercredi. C’est juste qu’eux, leurs chances de survie sont de loin meilleures, mais ce n’est pas vrai qu’on protégé si on est jeune et qu’on n’a pas à faire attention. »

« J’ai deux patients présentement qui sont dans la force de l’âge avec peu ou pas d’antécédents médicaux qui se battent pour leur vie », a révélé le médecin de Montréal.

« Ils sont malades pour vrai. Ceux qui disent que c’est juste un rhume, croyez-moi, quand vous êtes rendu aux soins intensifs, ce n’est pas juste un rhume. On voit que les gens qui ont une maladie pulmonaire sont très durement atteints. »

« Perdre la carte » au réveil

Certes, ces cas de jeunes patients atteints de la COVID-19 aux soins intensifs s’avèrent assez rares; selon les statistiques du Centre d’expertise et de référence en santé publique l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), 0,6% des malades périssent du nouveau coronavirus dans la tranche d’âge des 30-49 ans. Aucun décès n’a été recensé chez les moins de 30 ans.

Toutefois, guérir de la COVID-19 n’a rien de facile, assure Dr Marquis. Le médecin parle d’un processus de guérison long et difficile, en plus d’une phase de réveil pour le moins éprouvante chez certains patients. Sa description fait réfléchir.

« Quand ils se réveillent et commencent à mieux aller au niveau des poumons, ils perdent la carte, ils ont un moment de délire, a raconté Dr Marquis. Personne ne se réveille bien. Ce n’est pas comme une opération, quand on enlève le tube et que tout va bien. Ça leur prend un ou deux jours à émerger de cet état de confusion. »

« À cause des médicaments qu’on est obligés d’utiliser, les fameux Curare (un médicament anesthésique administré dans le cadre d’anesthésies générales, NDLR), surtout chez nos patients âgés, ça peut leur laisser une grande faiblesse musculaire, pas juste un effet secondaire, qui va demander des semaines de physiothérapie pour certains. »

Le calcul de convalescence de Dr Marquis est assez simple : « une semaine aux soins intensifs, ça peut vouloir dire un mois à l’hôpital. Pour nos survivants, c’est juste une étape qu’ils ont réussi à franchir. Ils ne sont pas encore sortis de l’hôpital. »

Ainsi, dans le cas de certaines personnes âgés dont le séjour aux soins intensifs, il faut calculer cinq ou six semaines de rémission.

Des médecins s'offrent pour aider

La bonne nouvelle du côté des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, c’est que les nouvelles se font plutôt rassurantes. Dr Marquis indique que l’unité fonctionne sans manque d’effectif ni d’espace. 

Dr Marquis dit même recevoir quelques offres de médecins spécialistes pour l’épauler dans son travail – des propos à méditer quand on sait que le premier du Québec, François Legault, demandait aux omnipraticiens et aux spécialistes de la province d’aller aider dans les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) pour pallier la pénurie de personnel

« J’ai plusieurs collègues qui viennent tous les jours vérifier si j’ai besoin d’aide aux soins intensifs et qui se disent disponibles, a-t-il mentionné. Je pense que la volonté est là. À partir de là, c’est toujours d’utiliser la ressource disponible au meilleur de ses compétences. »

« Est-ce qu’il y a des médecins spécialistes qui sont là pour aider? La réponse est oui, parce que j’en croise tous les jours qui me posent des questions. »