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Les agriculteurs protégeront leurs travailleurs étrangers contre la COVID-19

Caroline Lepage | Journal de Montréal

fermier laitue

Photo courtoisie

Les agriculteurs promettent de respecter les rigoureuses mesures sanitaires pour accueillir les travailleurs étrangers qu'ils attendent impatiemment.  

L’INSPQ a fixé les mesures sanitaires pour encadrer la venue des travailleurs étrangers sur les fermes du Québec. Le document, d’une dizaine de pages, comprend des règles existantes, comme l’isolement obligatoire de 14 jours à l’arrivée, et en ajoute des nouvelles (voir encadré) qui alourdissent la tâche déjà colossale.   

«C’est certain que ça complique les choses, mais c’est un sacrifice à faire durant la crise pour faire notre part», commente Patrice Riendeau, du Potager Riendeau, de Saint-Rémi.   

Ce producteur de laitues, céleris et oignons, en Montérégie, espère éviter la dépression durant la prochaine saison. Il attend 120 travailleurs du Mexique et du Guatemala, mais il ignore toujours combien seront au rendez-vous.   

Selon Fernando Borja, dg de Ferme, seulement le tiers des travailleurs étrangers devraient venir ce printemps au Québec, soit 2000 au lieu de 6000.   

Patrick Bédard, de Canneberges Québec, louera un mini-autobus pour aller chercher à l’aéroport ses cinq travailleurs étrangers, qui se rendaient jadis à sa ferme de Saint-Louis-de-Blandford, au Centre-du-Québec, par le réseau d’autobus provincial.   

Il s’agit d’une nouvelle obligation de l’employeur, qui doit s’assurer que les passagers conservent une distance de deux mètres durant le trajet. Selon Ariane Adam-Poupart, conseillère scientifique à l’INSPQ, cette mesure favorisera le transport en petits groupes et assurera que la désinfection des véhicules.   

«Ça permettra aussi à l’employeur d’être à l’affût des symptômes», ajoute-t-elle.   

Mesures coûteuses   

M. Bédard estime qu’au total, les nouvelles règles lui coûteront 8000 $ de plus, s’il n’y a pas de complication.   

«Je ne me plains pas, car ce n’est rien à comparer de mes amis qui en accueillent plus d’une centaine», dit-il.   

D’après lui, la plus grosse dépense serait d’assurer le salaire des employés durant la quarantaine.   

Colette Martineau, une productrice de sapins de Noël de Coaticook, en Estrie, a converti deux grandes maisons de campagne pour héberger ses 60 travailleurs étrangers. L’espace des résidences des Produits Valfei leur permettra de garder la distanciation nécessaire entre eux. Or, d’autres producteurs n’ont pas trouvé, à la dernière minute, de logements pour répondre aux exigences et accueilleront moins de travailleurs étrangers.   

«Ce n’est vraiment pas évident, mais on va faire notre part parce qu’on a vraiment besoin de ces employés-là», lance celle qui s’interroge sur la surveillance qui sera exercée.   

Contrôle ou pas, M. Riendeau respectera aussi les règles pour éviter que la COVID-19 contamine sa ferme. Ce producteur doit récolter manuellement 500 000 laitues par semaine et dispose de cinq jours, à la mi-juillet, pour cueillir son céleri.    

«S’il arrivait un cas, je n’ose pas imaginer le chaos que ça créerait. Ça fait peur!», s’exclame-t-il.   

Principales règles à respecter   

L’employeur doit...    

  • Transporter les travailleurs étrangers de l’aéroport jusqu’à la ferme, en s’assurant qu’ils conservent deux mètres de distance entre eux.   
  • Isoler les travailleurs étrangers durant 14 jours, après leur arrivée, en les obligeant de se tenir en tout temps à deux mètres de leurs collègues.   
  • Vérifier chaque jour si les travailleurs étrangers ont des symptômes de la COVID-19 et consigner l’information par écrit.   
  • Informer les travailleurs des risques et mesures de prévention contre la COVID-19, avec des affiches en espagnol, etc.   
  • Assurer une distance de deux mètres entre les lits, pour ceux qui seront deux par chambre.   
  • Etc.     

Source : INSPQ

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