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Les cas de COVID-19 doublent à Montréal-Nord

Dominique Cambron-Goulet | Le Journal de Montréal

Le nombre de cas de COVID-19 a plus que doublé dans la dernière semaine à Montréal-Nord. Des élus locaux sont inquiets de voir ce quartier défavorisé devenir un des points chauds de l’épidémie.    

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En 7 jours, le nombre de cas à Montréal-Nord a monté de 56%, passant de 193 à 443 cas. C’est la plus forte hausse parmi tous les quartiers de l’île.    

La semaine dernière, les points chauds à Montréal étaient situé davantage dans le centre-ouest de l’île, soit à Côte-Saint-Luc et Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.    

La direction de santé publique n’a pas pu donner jeudi une raison particulière qui explique cette hausse drastique des cas à Montréal-Nord.    

«Il faudrait que je regarde plus attentivement, mais la plupart des hausses que nous voyons sont attribuables aux éclosions dans les résidences pour aînés, et pas nécessairement à de la transmission communautaire», a indiqué jeudi la directrice de santé publique de Montréal, Dre Mylène Drouin.    

Toutefois, les CHSLD et résidences privées de personnes âgées de l'arrondissement comptent un peu moins de 80 cas de COVID-19, selon les plus récentes données publiées par le gouvernement du Québec.    

Peu d’informations    

«Je veux comprendre ce qui s’est passé, mais ni la direction de santé publique, ni le CIUSSS du Nord-de-l’île ne peut me dire pourquoi ça a doublé et où sont les foyers d’éclosions, s’il y en a», déplore la députée de Bourassa-Sauvé, Paule Robitaille.     

Une rencontre entre les élus locaux et le CIUSSS a eu lieu jeudi, mais plusieurs questions sont restées sans réponse, a indiqué Mme Robitaille. «Je crois que c’est légitime de demander de la transparence et un portrait exact de la situation», dit-elle.     

Quartier défavorisé    

Montréal-Nord est à risque, jugent Mme Robitaille et des élus municipaux. Notamment car c’est un des quartiers les plus pauvres au Québec, qu’il a une densité de population élevée et qu’il comprend beaucoup d'immeubles de logements sociaux.    

Ces éléments sont tous des facteurs de risque pour les problèmes de santé, rappelle la directrice du Centre de recherche en santé publique de l’Université de Montréal et du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, Louise Potvin.    

«Avez-vous déjà essayé de garder des distances dans un corridor de HLM?, soulève-t-elle. Dans la mesure où les gens ne peuvent pas mettre en place les mesures de distanciation sociale, on les condamne à être exposés.»    

Plusieurs de ces habitations comprennent aussi des aires communes, propices à la propagation du virus.    

Mme Potvin a remarqué dans les derniers jours que les quartiers moins aisés de Montréal comme Verdun, le Sud-Ouest et Montréal-Nord sont rendus de nouveaux points chauds de l’épidémie.    

«Il y a peu de problèmes de santé qui ne touchent pas plus les gens pauvres», souligne-t-elle.