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À peine guérie, une urgentologue est visée par une plainte

Une urgentologue de l'Hôpital Charles-Lemoyne à peine guérie de la COVID-19 a dû affronter un autre obstacle pendant qu’elle retrouve la forme.        

Sur sa page Facebook, jeudi, Dre Mélissa Ranger a imploré les travailleurs de la santé de son secteur de ne pas exiger le cachet complet de la rémunération versée aux médecins spécialistes appelés en CHSLD. Incroyablement, cette initiative a mené à une plainte en déontologie.       

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«J’ai eu une plainte pour avoir lancé, semble-t-il, un message de dénigrement à l’endroit d’une de mes collègues qui pourrait être tentée de facturer de grosses sommes pour aider», a-t-elle raconté à LCN, vendredi après-midi.       

«Certaines personnes ont compris que je disais que ce corps de métier n’a pas sa place dans un CHSLD alors que tous les médecins spécialistes devraient idéalement être affectés à des tâches médicales.»       

Entre-temps, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) et le gouvernement ont convenu que la rémunération de 211 $ l'heure pour les médecins spécialistes ne s'appliquerait pas pour les tâches en CHSLD.  

«J’en suis rassurée, confie-t-elle. J’encourage tout le monde à prêter main-forte, mais allons-y bénévolement ou, du moins, ajustons un tarif plus décent pour tous.»       

Détérioration rapide       

Dre Ranger a obtenu son congé de l’hôpital la semaine dernière, mais elle est toujours aux prises avec «de la fatigue et des nausées». Elle se porte nettement mieux sur le plan de la santé, néanmoins, elle qui a été terrassée par les puissants effets du virus.       

«Ça s’est détérioré vers la deuxième semaine. J’avais de la difficulté à respirer et le taux d’oxygène diminuait. J’avais aussi une grande douleur thoracique.       

«Ça m’inquiétait. À la base j’allais à l’hôpital pour voir ce qui se passait et si ce n’était pas autre chose, comme une embolie pulmonaire.»       

La situation s’est rapidement dégradée pour Dre Ranger une fois admise à l’hôpital et les symptômes se sont répandus ailleurs que dans ses voies respiratoires. Des problèmes qui auraient pu avoir de graves conséquences.       

«Dans les jours qui ont suivi, j’avais une infection au niveau du foie, puis une atteinte au niveau hépatique.»       

Active physiquement, Dre Ranger ajoute que la douleur était insupportable à mesure que ses symptômes devenaient aigus. Au point où elle a dû se faire administrer de la morphine.       

«Chaque fois que j’inspirais, ça donnait comme un coup de couteau à l’intérieur du thorax, a-t-elle décrit. C’était une vive douleur»       

Dre Ranger rappelle que la majorité des personnes infectées pourront s’en sortir, mais puisqu’elle est dans la fleur de l’âge, cela démontre que personne n’est à l’abri du virus qui a fait près de 150 000 morts à travers le monde.

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