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FraiseBec et la COVID-19 : 2 millions $ d'investissement à rescaper

Richard Olivier | TVA Nouvelles

En raison de la pandémie de COVID-19, la saison estivale s’annonce particulièrement ardue pour les agriculteurs, qui seront privés de nombreux travailleurs étrangers. 

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Si les maraîchers appréhendent déjà un déficit, ils ignorent à quoi ressemblera réellement la situation dans les champs.

Cette crise sanitaire, c’est vrai casse-tête pour FraiseBec, qui emploie jusqu’à 190 travailleurs étrangers dans ses champs. Déjà 35 qui sont arrivés et un autre groupe allaient suivre dans les prochaines heures, au moment d’un entretien avec TVA Nouvelles, samedi. 

« J’étais censée en avoir 12 demain et je n’en ai seulement sept parce qu’une région a été mise en quarantaine », a compté Isabelle Charbonneau, copropriétaire de FraiseBec.

Habituellement, les installations de FraiseBec peuvent accommoder jusqu’à 200 travailleurs. Avec le confinement et la distanciation, ce ne sera pas plus de 80. Dimanche prochain, les premiers arrivés pourront enfin commencer à travailler. 

Une perte estimée de 30 % ?

Un million de plants ont été semés au mois d’août 2019 chez FraiseBec. Il y en a pour 2 millions $ d’investissement, incluant les bâches protectrices. On espère pouvoir sauver cette récolte.

« Si tout va bien et que je suis capable d’avoir 70, 75% de la production, je vais être heureuse, espère Isabelle Charbonneau. On détruira les vieux champs et on les mettra de côté pour se concentrer vraiment où on aura mis beaucoup d’argent. 

Comme beaucoup d’autres maraîchers qui se sont entretenus avec TVA Nouvelles, les Charbonneau s’attendent à perdre 30% de leur production parce qu’il manquera de main-d’œuvre d’ici la fin de la saison. 

Même si Québec a annoncé que serait remis un incitatif de 100 $ par semaine aux Québécois dans les champs, l’impact positif est minime pour ces travailleurs : pour un Guatémaltèque, une heure de salaire ici équivaut à une journée dans son pays. 

Le prix des fraises étrangères donnera le ton

FraiseBec appréhende déjà un déficit, mais espère quand même offrir des prix raisonnables aux consommateurs. 

« Souvent, la Californie et le Mexique rentrent, les prix sont à terre et on n’a pas le choix, il faut suivre, sinon le consommateur va vers le prix. »

Quand les fraises du Québec arriveront sur les étalages, ce sera donc le temps plus que jamais d’acheter québécois.

D’après l’information d’un reportage de Richard Olivier pour TVA Nouvelles.