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Devant la justice pour avoir le droit de soigner son mari

TVA Nouvelles

Une proche aidante, incapable de se rendre au chevet de son époux lourdement handicapé dans un CHSLD de Montréal, intente une action en justice afin qu’elle puisse en prendre soin.    

Luciana D’Amore s’occupe de son conjoint, Gian Libero Casale depuis plus de 10 ans. Celui-ci a failli mourir et qui est désormais lourdement handicapé, prisonnier de son corps et également ventilo-assisté.   

Il réside au CHSLD Camille-Lefebvre tout près de l’Hôpital Lachine.   

C’est le PDG du CIUSS, le CUSM, qui lui refuse l’accès. Habituée de se battre, la dame déposera une injonction provisoire interlocutoire afin d’avoir le droit de soigner son époux.   

«Ça fait cinq semaines que je suis dans une situation où je ne peux pas apporter secours et assistance et les soins essentiels à mon mari. Je pense que c’est un abus qui se fait au détriment des droits de mon mari et de moi-même. Il est urgent qu’on me permette d’avoir accès afin de lui prodiguer les soins», explique Luciana D’Amore en entrevue à TVA Nouvelles.  

Elle craint que la situation du CHSLD Herron puisse se reproduire ailleurs, et entre autres pour cette raison qu’il est urgent qu’elle intervienne.   

«Je demande au premier ministre et à Mme Blais de réfléchir très sérieusement à la situation qui s’est passée à Herron. Est-ce que vous pensez réellement que si les proches aidants n’avaient pas été exclus, s’ils avaient été permis, est-ce que la situation aurait duré 10 jours, pendant lesquels ils se relançaient des lettres? Les aidants naturels auraient sonné l’alarme bien avant et on n’aurait pas eu un désastre à Herron.»  

Son avocat vient de déposer cette demande d'injonction interlocutoire provisoire. 

«Même si on est dans ce contexte d'urgence sanitaire, monsieur Casale, comme l'ensemble des citoyens, a des droits fondamentaux», précise l’avocat de l’a famille, Me Patrick Martin-Ménard  

Dans un courriel qu'elle nous a fait parvenir, une porte-parole du Centre universitaire de santé McGill écrit que la direction veut absolument protéger des résidents qui sont ventilo-assistés. Il n'y a pas de COVID-19 à l'intérieur de l'établissement, voilà pourquoi les aidants naturels sont refusés. 

La Dre Annik Dupras milite en faveur d'un retour des aidants naturels, en prenant toutes les précautions nécessaires. 

«Je pense que les aidants naturels, c'est les plus compétents actuellement, là, avant de mettre des étrangers qui ont moins d'expérience de soins, pour donner du renfort aux équipes qui sont déjà en place», affirme la gériatre. 

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