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Comment devra-t-on apprivoiser notre peur?

Le sentiment de peur causé par la pandémie de la COVID-19 ne disparaîtra pas du jour au lendemain, selon une psychologue qui s’est penchée sur la question.

Si ça n’a pas pris beaucoup de temps avant d’assimiler certains comportements, Marie-France Marin, professeure de psychologie à l’Université du Québec à Montréal, explique que la désensibilisation à certains rapports sociaux évités en raison de la crise se fera quant à elle de manière graduelle.

«Il va falloir du temps. [...] D’apprendre que le rassemblement n’est pas nécessairement vecteur de danger, ça ne se fera pas en criant ciseau. Ce n’est pas vrai qu’on va débarquer les enfants à l’école et les laisser là le cœur léger et que tout va bien aller. C’est sûr qu’il va y avoir encore une peur associée à ça», a-t-elle dit en entrevue avec Mario Dumont, jeudi, à QUB radio.

«L’expérience de la peur, on l’apprend une fois, mais l’expérience de désapprendre, ou plutôt d’apprendre la sécurité, ça prend plusieurs expositions avant que le corps s’habitue et ce n’est pas la même chose pour tout le monde», a-t-elle ajouté.

Elle indique qu’il s’agit du «processus d’extinction».

«On veut éteindre la peur et l’amoindrir au fur à mesure. Ça, ça y va par exposition graduelle. On va y aller peut-être avec des petits rassemblements. [...] La peur va être là. Après quelques jours, on va se rendre compte que tout a bien été. Personne n’a été malade, parfait. Tranquillement pas vite, ça va commencer à diminuer et on va être prêts à affronter des situations un peu plus grandes», a-t-elle raconté.

Pour les enfants, les adultes qui les entourent sont très importants. «Ça prend un peu plus de temps pour l’enfant parce qu’il n’a pas nécessairement toutes les structures cérébrales qui sont utiles à le faire. L’adulte vient aider l’enfant à apprendre ce sentiment de sécurité», a-t-elle précisé.