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Ottawa dit «oui» à l'envoi de plus de militaires dans les CHSLD

Le fédéral accepte d’envoyer d’autres militaires en renfort dans les CHSLD du Québec, mais prévient qu’il faudra tirer des leçons de la crise de la COVID-19 et mieux traiter les aînés.  

«Au Canada, nos militaires ne devraient pas prendre soin de nos aînés. Au cours des prochaines semaines et des prochains mois, on va devoir examiner comment on en est arrivés là», a tonné le premier ministre Justin Trudeau, jeudi, durant son point de presse quotidien.  

Il a qualifié de «tragédies épouvantables» les situations vécues dans une panoplie de résidences pour personnes âgées et établissements de soins de longue durée où le coronavirus fait des ravages.  

«Si vous êtes fâchés, frustrés ou inquiets, vous avez raison de vous sentir comme ça. On doit faire mieux», a-t-il martelé en annonçant que d’autres militaires s’ajouteront aux 130 déjà présents dans cinq CHSLD.  

Combien de militaires additionnels?  

Ottawa n’a fourni aucun détail, jeudi, sur le nombre de membres des Forces armées canadiennes (FAC) qui seront envoyés ni sur la date de leur arrivée sur place.  

Une analyse des besoins sur le terrain devait s’amorcer jeudi ou vendredi, a précisé une source gouvernementale. Le gouvernement québécois de François Legault a demandé, mercredi, l’envoi de 1000 soldats, peu importe qu’ils détiennent une formation médicale ou non.  

Selon les chiffres fournis par le ministère de la Défense, les FAC ne disposent que de 460 médecins et infirmières parmi leurs effectifs.  

Ottawa a également acquiescé, jeudi, à une demande du gouvernement ontarien de Doug Ford pour que l’armée porte assistance dans des établissements de soins de longue durée.  

Des standards nationaux?  

S’il a paru exaspéré par l’hécatombe dans les centres pour aînés, M. Trudeau s’est gardé de faire des remontrances aux gouvernements Legault et Ford.  

«Les gens font face à une situation épouvantable et on va être là pour aider Québec à reprendre le contrôle de la situation. C’est extrêmement troublant. C’est extrêmement désolant», a-t-il laissé tomber.  

Sa ministre de la Santé, Patty Hajdu, a de son côté ouvert la porte à la mise en place d'un «projet à long terme national», au lendemain de la crise, afin d’assurer des soins de qualité aux aînés.  

Elle n’a toutefois pas précisé quelle forme cela pourrait prendre ni si cette approche impliquerait de soumettre les CHSLD à des standards nationaux en vertu de la Loi canadienne sur la santé.  

Quoi qu’il en soit, sa collègue Chrystia Freeland, aux Affaires intergouvernementales, a précisé que le gouvernement Trudeau n’a nullement l’intention d’empiéter dans le champ de compétence provincial qu'est la santé.

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