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Le marché immobilier devrait rebondir l’an prochain

Guillaume Picard | Agence QMI

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le marché immobilier avait poursuivi sur sa lancée au cours du premier trimestre de l’année en cours, mais la crise sanitaire a mis à mal les reventes et l’enthousiasme s’est temporairement évaporé.

L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) regarde déjà vers 2021, où elle anticipe un rebond de 25 % du nombre de transactions, comparativement à 2020, ainsi qu’une hausse des prix de 6 % à 10 %, selon les types de propriétés.

Mais tout dépendra de la reprise économique et si d’autres vagues de contamination de la maladie à coronavirus surviennent.

L’APCIQ croit que le marché de la revente au Québec sera en mesure cette année d’«absorber le choc de la crise, sans baisse significative des prix», a-t-on indiqué dans un communiqué.

Si 2019 s’était inscrite sous le signe de la confiance et que le premier trimestre de l’année en cours avait enregistré une hausse de 18 % du nombre de transactions par rapport à 12 mois plus tôt, l’état du marché est tout autre cinq semaines après le début de la pandémie, le Québec étant, qui plus est, la province la plus affectée par la COVID-19 au pays.

Distanciation sociale oblige, le nombre de transactions est en net recul actuellement, les vendeurs ayant revu leurs priorités. Pour bon nombre de Québécois qui souhaitaient déménager, ce n’est pas le temps de faire des boîtes.

Chute record au deuxième trimestre

Selon l’APCIQ, les mesures mises en place par le gouvernement Legault le 13 mars dernier, alors que le Québec se mettait sur pause, vont provoquer «une chute record» de 60 % des ventes au deuxième trimestre comparativement à la même période de 2019.

L’Association anticipe ainsi une «baisse brutale des ventes» et «une chute tout aussi forte des nouvelles inscriptions», mais ce «gel du marché devrait permettre une stabilité des prix au deuxième trimestre».

«Le déclin rapide de l’activité économique, la perte massive d’emplois et la compréhension limitée de la COVID-19 et de l’évolution de la pandémie en font un environnement particulièrement difficile pour les prévisions de marché», a dit Charles Brant, directeur de l’analyse du marché à l’APCIQ.

«La variabilité entourant les prévisions est large et dépend autant de l’incidence des découvertes médicales qui seront faites sur le virus que de l’attitude du public face à l’évolution de la pandémie ainsi qu’aux décisions des autorités gouvernementales pour répondre à l’évolution de la situation», a-t-il poursuivi.

L’APCIQ table ainsi sur une reprise graduellement d’ici l’automne, mais c’est surtout l’an prochain que l’activité devrait reprendre. Elle s’appuie sur deux scénarios comme cadre prévisionnel. Le premier est le scénario de référence et le second est un scénario pessimiste.

Le ralentissement des mises en marché et des ventes pourrait toutefois entraîner une fin d’année «chaude» sur le plan des transactions.

«Les conditions du marché québécois pourraient rapidement remonter à leur niveau d’équilibre jusqu’à l’automne; durant le deuxième semestre 2020, une baisse limitée des prix médians devrait être enregistrée dans plusieurs secteurs géographiques, ce qui présentera des occasions d’achat», a dit Charles Brant.

Pour l’ensemble de 2020, ce dernier mise sur une baisse notable de 22 % des ventes par rapport au record de ventes atteint en 2019 ainsi que sur un recul de 2 à 4 % des prix médians, selon les catégories de propriétés.