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Pandémie et explosion de désinformation: gare aux théories du complot

Aussi surprenant que cela puisse paraitre, bon nombre de théories du complot sont nées parallèlement à l’éclosion de la pandémie de la COVID-19.  

Bien que ces théories conspirationnistes semblent farfelues, force est de constater qu’elles font plusieurs adeptes à travers le pays. 

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Le récent sondage d’une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke démontre que 10% des Canadiens croient à ce type de théories qui tentent notamment de trouver des remèdes à la COVID-19 ou montrent du doigt des possibles responsables de l'éclosion. Néanmoins, toujours selon le sondage réalisé entre le 8 et le 11 avril dernier, les Québécois seraient moins enclins à y adhérer.  

«En ce moment, tous les ingrédients sont réunis pour favoriser la prolifération de ces théories complotistes-là», croit Marie-Ève Carignan, chercheuse et spécialiste de la communication de risques et de crise. 

Dernièrement, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) parlait même d’une «infodémie», faisant référence à la propagation de bon nombre d’informations via les médias et les réseaux sociaux. 

«En étant exposé à plus d’informations, on est évidemment plus exposés à de la fausse information, dont les théories du complot. Les gens en voient beaucoup plus passer, ils y sont plus sensibles et y adhèrent plus rapidement qu’en temps normal», explique la spécialiste sur les ondes de LCN.  

Incompréhension, peur... et temps libre 

Plusieurs éléments expliquent en partie la multiplication des théories du complot sur la toile, dont l’incompréhension de la COVID-19, la peur qu’elle engendre et le temps libre que permet le confinement.  

«On veut parfois tenter d’expliquer ce qui est inexplicable. Comme la maladie est nouvelle, on manque de données probantes et comme les énoncés scientifiques tendent à évoluer, les gens cherchent des informations alternatives pour tenter de s’expliquer l’inexplicable». 

C’est dans ces circonstances que les théories du complot émergent. À première vue, bien qu’elles semblent saugrenues, ces informations sont «confortantes», rappelle Mme Carignan. 

Amalgame de vérité et de mensonge 

Les théories du complot proviennent bien souvent d’un fond de vérité, tel que des images véridiques, mais sorties de leur contexte.  

«Bill Gates est un bon exemple en ce moment, il est une bonne cible des théories complotistes. Lui et sa fondation ont investi massivement dans la recherche sur les vaccins et des simulations pour prévenir les pandémies et c’est la base de théories qui vont s’extrapoler autour de ça», donne comme exemple Marie-Ève Carignan.  

D’autres théories populaires stipulent que le virus aurait été créé en laboratoire ou aurait été délibérément introduit dans la population pour créer des ravages, entre autres.  

La donnée relevée selon laquelle le reste des provinces canadiennes sont plus enclines à croire aux théories du complot que les Québécois peut être expliquée par la confiance que les citoyens accordent à leur gouvernement, explique la chercheuse. 

«Plus on a confiance envers le gouvernement en place, plus on est d’accord avec les mesures mises en place et moins on adhère aux théories du complot», affirme la chercheuse et spécialiste de la communication de risques et de crise. 

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