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Des jeunes correspondent avec des aînés à Saint-Apollinaire

Mégane Bilodeau a répondu à l'appel pour entrer en correspondance avec des aînés ou personnes vulnérables pendant la pandémie de COVID-19, comme des dizaines de jeunes de l'Ecole Pointe-Lévy à Saint-Apollinaire. Depuis quelques semaines, elle correspond avec madame Marcel.

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Mégane lit la réponse qu’elle a reçue : « Chère Mégane, j'ai adoré lire ta lettre. Elle m'a fait chaud au coeur. Mais j'en suis privée à cause de mes yeux, usés par 97 années. » 

« Moi, j'ai toujours voulu aider les autres, et je trouve ça important que les personnes âgées, elles reçoivent du réconfort des personnes », explique l’adolescente en entrevue avec TVA Nouvelles.

C'est à Lise, qui enseigne habituellement le cours Musclez vos méninges, qu'on doit cette initiative.

« C’est le désir de mettre un peu de soleil, un peu de bonheur dans la journée, et garder actif aussi le cerveau », dit-elle.

Certains résidents se sont aussi découvert un nouveau talent. C'est le cas de monsieur André, 88 ans, devenu poète.

« Chaque jour, il écrit un poème », s’émerveille Lise, lisant un passage : Si je pouvais chronométrer le temps présent et l'arrêter / Je le ferais en ces temps d'incertitude.

Des histoires touchantes

Ils sont près d'une centaine, âgés entre 75 et 100 ans, à recevoir ces lettres.

« J'ai appris que vous veniez d'avoir 100 ans et je trouve cela phénoménal. Traverser un siècle entier est quelque chose à quoi j'aspire », a écrit un des jeunes.

« Qu'il ait 100 ans, qu'il ait écrit une lettre, écrite à la main, c'est de toute beauté. Donc, ça l'a touché », se réjouit l’enseignante, qui ne cache pas s’ennuyer de ses élèves. « Mon coeur est rempli, quand je sors de là. C'est ce qui me manque le plus de leur présence. »

Elle leur a aussi imaginé un jeu de serpents et échelles.

« Dans chaque case, il y a un petit défi cognitif qu'on a à faire. Ça m'a permis de garder ce lien-là aussi du cours, de conserver cette portion du cerveau active. »

On souhaite maintenant que le mouvement se propage et que plus de gens correspondent entre eux. Une façon de partager du bonheur, bien sûr, mais aussi de mettre un baume sur la solitude.

« J'aimerais ça, poursuivre cette aventure-là. Je trouve ça vraiment intéressant », assure Mégane.

« Si les gens pouvaient faire ça, reprendre le temps d'écrire un petit mot, de prendre quelques minutes avec un timbre, envoyer ça à quelqu'un, peu importe l'âge, ce serait extraordinaire », conclut Lise.

D’après l’information d’un reportage de Marie-Christine Leblanc pour TVA Nouvelles