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Refuser de travailler par crainte, un motif raisonnable?

TVA Nouvelles

Les mesures de réouverture graduelles, annoncées par Québec mardi, soulèvent moult questionnements inquiétudes au sein de la population, dont le retour imminent au travail.  

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Alors que les funestes bilans liés à la COVID-19 ne semblent pas décroître, l’avocate spécialisée en droit du travail, Me Hélène Léger, assure néanmoins qu’il ne sera pas possible pour un salarié de ne pas reprendre le travail par crainte du virus. 

«On prend pour acquis que les entreprises qui rouvrent sont justifiées de le faire et qu’elles ont été désignées par le texte de loi qu’on attend pour respecter les mesures d’hygiène sanitaire recommandées», explique Me Léger à TVA Nouvelles. 

En d’autres termes, à partir du moment où l’employeur respecte les mesures, il sera difficile, voire impossible, pour un salarié de ne pas se présenter au travail par simple crainte de contracter la COVID-19. 

«Si un salarié décide de ne pas se présenter au travail, il pourrait s’exposer à des mesures disciplinaires, voire même une fin d’emploi s’il y a des clauses de perte d’ancienneté dans la convention collective», fait valoir Me Léger. 

Dans un guide transmis par la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), on indique que l’employeur devra faire suivre une certaine quantité d’informations en matière d’hygiène et de distanciation sociale à ses salariés et ce, dès la réouverture du lieu de travail.  

Exceptions possibles 

Ainsi, un employé qui ne souhaiterait pas réintégrer le marché du travail pour continuer d’être prestataire de la prestation canadienne d’urgence ne constitue pas un motif raisonnable.  

«Ce ne serait pas justifié, à moins que cet employé ait une raison de le faire. Par exemple, si a un employé a des symptômes de la COVID-19, est immunodéprimé ou doit composer avec une maladie chronique, il ne devrait pas se présenter au travail dans ces circonstances», assure Me Léger. 

Idem pour les parents qui doivent rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants d’âge pré-scolaire ou primaire qui sont aux prises avec une condition médicale particulière.