/finance/homepage

3,8 millions de nouveaux demandeurs de chômage

Le chômage continue de grimper aux États-Unis, où 30 millions de personnes ont demandé une allocation depuis le début de la crise de la COVID-19, et le pays indemnise désormais plus de personnes sans emploi que jamais. 

Les nouveaux demandeurs d'allocation chômage se comptent par millions chaque semaine depuis la mi-mars. 

Ils ont été 3,8 millions à rejoindre ces rangs au cours de la semaine du 18 au 25 avril, portant à plus de 30 millions le nombre total de personnes qui ont pointé au chômage en six semaines, selon les chiffres publiés jeudi par le département du Travail. 

Les mesures de confinement face à l'avancée de la pandémie dans le pays ont forcé restaurants, commerces, écoles, à fermer leurs portes, mettant en sommeil une large partie de l'activité économique. 

Le niveau recule toutefois par rapport à la semaine précédente et ses 4,4 millions de nouvelles demandes, et surtout par rapport au record historique de 6,8 millions, enregistrés la dernière semaine de mars. 

Le taux de chômage du mois d'avril sera publié le 8 mai. 

Retombées des prêts difficiles à évaluer 

Cette hécatombe pour l'emploi s'est également traduite par un nouveau record historique, qui concerne cette fois le nombre de personnes indemnisées pour le chômage. 

Ainsi, près de 18 millions de personnes ont touché une allocation chômage mi-avril, du jamais vu, alors que le niveau évoluait autour de 1,7 million avant la pandémie. 

Cela représente «près de trois fois le pic de 6,6 millions enregistré pendant la Grande récession» de 2008 et 2009, relèvent les analystes d'Oxford Economics dans une note. 

Et «ce chiffre augmentera dans la semaine à venir, car il reflète les demandes initiales avec un décalage», préviennent-ils. 

En effet, les données sur le nombre d'allocations chômage versées sont publiées avec une semaine de retard par rapport aux nouvelles demandes déposées, ce qui explique pour une grande partie la différence importante entre les 18 millions et les 30 millions. 

Pour le reste, ce sont surtout des personnes qui ont fait une demande d'allocation chômage, mais n'y sont pas éligibles. 

Il est en revanche difficile à ce stade de quantifier les retombées sur l'emploi des prêts accordés aux petites et moyennes entreprises dans le cadre du gigantesque plan de relance américain de l'économie. 

Ils doivent permettre aux entreprises de continuer à payer les salaires de leurs employés. À cette condition, la dette sera annulée, et le prêt transformé en subvention. 

La Fed à la rescousse 

La Réserve fédérale américaine a par ailleurs annoncé jeudi qu'elle va étendre son programme de prêts aux moyennes entreprises, afin qu'il bénéficie à un plus grand nombre. 

Mercredi, à l'issue de sa réunion monétaire, elle avait de nouveau promis de faire tout ce qu'elle pourrait pour permettre à l'économie américaine de sortir de cette crise. 

Le président de la Fed Jerome Powell avait déploré que le chômage ait «tendance à augmenter beaucoup plus rapidement pour les minorités» ainsi que pour les ménages aux bas revenus. Il a rappelé qu'avant la pandémie, les minorités noires et hispaniques avaient enregistré des niveaux de chômage historiquement bas. 

«Il est urgent de faire tout ce que nous pouvons pour éviter que des dommages à plus long terme ne se produisent», a-t-il martelé. 

«Nous disposons d'outils pour faire en sorte que les gens restent en contact avec la main-d'oeuvre et le travail», a-t-il également commenté.  

La bonne santé de l'économie américaine chère à Donald Trump, et qu'il mettait en avant pour être réélu à la Maison-Blanche, n'est désormais plus qu'un lointain souvenir. 

Le PIB des États-Unis a baissé de 4,8% au premier trimestre, enregistrant sa plus forte baisse depuis 2008 et la crise financière. Pourtant, les mesures de confinement n'ont produit leurs effets que lors des dernières semaines.  

Aussi, le deuxième trimestre devrait connaître une chute sans précédent, qui pourrait être comprise entre 30% et 40% selon des analystes, et le pays s'enfoncera alors dans la récession.