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Boeuf: les conséquences de la COVID-19 dans votre assiette

Quand des installations comme celles de Cargill, en Alberta, ferment temporairement à cause d'une éclosion de COVID-19, ça fait mal! 

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Encore plus si une autre, toujours en Alberta, fonctionne au ralenti à cause de mesures de distanciation. Pourquoi? Parce que jusqu'à 80% des abattages au pays se font là. Conséquence: une pression sur les prix.

« Le prix avait déjà commencé à augmenter avant la COVID. On s'attend à des hausses de 6% environ pour ce qui est du boeuf. Et on maintient le cap là-dessus », a commenté Sylvain Charlebois, professeur à l’Université Dalhousie, auprès de TVA Nouvelles jeudi.

Le Conseil canadien du commerce de détail ne s'inquiète pas de l'approvisionnement en boeuf pour les grandes chaînes qu'il représente, comme Metro ou Loblaws.

« Quand quelque chose va mal, on a toujours d'autres fournisseurs et d'autres sources, un peu comme McDonald's », s’est rassuré Marc Fortin, président du Conseil au Québec.

Se contenter d’autre chose

Autre conséquence: il pourrait être difficile de trouver certaines coupes que vous aimez bien dans le boeuf.

« Pour avoir du T-bone - parce qu'on vend beaucoup de T-bone - là, ça devient tendu. Parce qu'il y a beaucoup de demande, puisqu'il y a moins d'offre. Et la demande augmente puisqu'on approche, bien malgré tout, des beaux jours », constate Christophe Cambolin, propriétaire de la Boucherie des Faubourgs à Montréal.

M. Cambolin ne vend que du bœuf du Québec qui, lui aussi, est affecté par la crise.

« Vous comprendrez que, quand ça refoule dans l'Ouest, bien, ça déboule. L'Ouest a beaucoup plus de bovins que l'Est. Et là, s'ils ne peuvent pas transformer chez eux, bien, eux essaient de les envoyer vers l'Est. Et là, ça fait un surplus de... de bovins à abattre pour le nombre d'abattoirs », explique Claude Viel, président des Producteurs de bovins du Québec.

La crise de la COVID-19 a aussi de graves conséquences pour l'industrie porcine. L'arrêt de l'usine de Yamachiche a causé un retard dans l'abattage. Les producteurs envisagent même l'abattage humanitaire de 100 000 bêtes, si on ne trouve pas des solutions d'ici une quinzaine de jours.

Les carcasses seraient transformées en moulée ou incinérées. Ce serait sans impact sur les prix à la consommation, déjà bas.