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Déconfinement graduel: la fonction publique transformée à jamais grâce au télétravail

Quebec

Photo Stevens LeBlanc

Le télétravail ayant prouvé son efficacité, Christian Dubé ne veut plus revenir à une fonction publique concentrée dans des tours de bureaux au sortir de la crise, et voit l’opportunité de transférer comme promis 5000 emplois vers les régions.  

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Alors que le Québec se prépare à rouvrir certains commerces, écoles et entreprises, pour ce qui est du retour au bureau des fonctionnaires, la décision n’est pas encore « arrêtée », a indiqué le président du Conseil du trésor, en entrevue avec notre Bureau parlementaire. « Il n’y a pas d’urgence », a-t-il signalé.  

À défaut d’avoir un échéancier, tout porte à croire que l’époque où des centaines d’employés de l’État étaient entassés dans des tours de bureaux pourrait être chose du passé.  

«Est-ce qu’on va revenir comme avant? Je ne le souhaite pas, au contraire, je dirais qu’il va y avoir un bénéfice pour les employés, une meilleure qualité de vie», a-t-il fait valoir.  

Un aspect positif de la crise  

Si les conséquences négatives de la pandémie apparaissent évidentes, un des côtés positifs de la crise aura probablement été de pousser tous ceux qui le peuvent, même les plus réticents, à se convertir au télétravail.  

Au début de la crise, les enjeux de la bande passante et du matériel disponibles se sont posés, mais ont pu rapidement être réglés.  

«La bonne nouvelle, c’est qu’on s’est rendu compte [...] que le télétravail fonctionnait très bien», a souligné M. Dubé.  

«Je ne suis pas sûr qu’on va revenir comme au bon vieux temps», prévient-il.  

5000 emplois sur 10 ans  

M. Dubé considère d’ailleurs que tout cela pourrait l’aider à relocaliser 5000 fonctionnaires dans les régions, comme promis pendant la campagne électorale.  

La situation actuelle devient une «opportunité incroyable pour trouver comment avoir plus de nos fonctionnaires en région, puis d’y faire du développement économique, d’avoir une base de salariés qui seraient sur place», a-t-il expliqué.  

Certes, ceux qui pour une raison ou pour une autre doivent travailler à partir du bureau pourront le faire éventuellement. C’est déjà fait pour environ 10 % des effectifs de l’État.  

«Le caractère prioritaire» de leur emploi déterminera la séquence. Certains auront notamment plus de flexibilité pour travailler en partie à la maison, en partie au bureau.  

Les règles d’hygiène et de distanciation seront alors rigoureusement respectées, a précisé son cabinet.