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Îles-de-la-Madeleine: l’incertitude plane sur la saison touristique

La fermeture des frontières interprovinciales complique la situation aux Îles-de-la-Madeleine

VOY-ILES-DE-LA-MADELEINE-PROMENADES

Photo d’archives

Comme 80 % des visiteurs arrivent aux Îles-de-la-Madeleine par voie terrestre, puis maritime, l’incertitude la plus totale plane sur la saison touristique.  

« Je ne suis pas pessimiste de nature. J’ai de la difficulté à vous dire que c’est foutu pour cet été. Mettons qu’il y a de gros risques. Est-ce qu’on va avoir une saison touristique complète ? Une demi-saison ? On n’en sait rien. Avec la pêche, le tourisme est notre principale activité économique », a convenu le maire Jonathan Lapierre, mercredi. 

Selon lui, « contrairement à d’autres régions au Québec, notre saison touristique est concentrée en été. Si on rate notre saison, ça va à l’été 2021 ». 

La décision de lever les contrôles policiers pour l’accès aux Îles à partir du 18 mai ne change pas grand-chose à la situation actuelle, ajoute le maire. Les frontières interprovinciales du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard – hors voyage en avion, c’est un passage obligé pour se rendre aux Îles – ne rouvriront au mieux qu’à la mi-juin.   

Sauf exception, le transport de passagers par traversier est suspendu depuis le 28 mars. Personne ne peut s’aventurer à avancer une date précise pour le retour aux activités habituelles.  

Aussi, la saison des croisières de la CTMA (Coopérative de transport maritime et aérien), qui devait avoir lieu du 12 juin au 25 septembre, a d’ores et déjà été annulée.  

Priorité à la santé 

Entre-temps, la priorité demeure évidemment la santé des Madelinots et des rares visiteurs autorisés. « Aux Îles, on a huit cas positifs à la COVID-19 et là-dessus, on en a sept ou huit qui sont probablement guéris, rappelle le maire. On n’est pas à l’abri des risques de propagation. Il faut être prudent. On ne peut pas se permettre de perdre le contrôle. » 

Si la situation devait s’améliorer d’ici la mi-mai, Jonathan Lapierre n’exclut pas de demander au gouvernement Legault de négocier avec ses homologues provinciaux pour permettre le passage des visiteurs. « Mais on n’est pas rendus là », soutient-il.  

Aux Îles, les retombées annuelles du tourisme sont évaluées à environ 90 millions $ grâce au passage de plus de 80 000 visiteurs.