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L’Association pulmonaire du Québec à bout de souffle

Dominique Massie

courtoisie

L’Association pulmonaire du Québec est à bout de souffle depuis le début de la crise tellement elle est inondée d’appels déchirants de personnes qui ont besoin d’être rassurées.  

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« Il y a des jours où l’on pleure avec ceux qui nous appellent », confie la directrice générale de l’organisme, Dominique Massie.  

Avant le début de la crise, l’association recevait une vingtaine d’appels par jour de personnes qui se questionnaient sur leur maladie respiratoire ou leur prise de médicament.  

 

Dominique Massie

Association pulmonaire du Québec

 

Ce chiffre est maintenant sept fois plus élevé, soit environ 150 appels par jour. Le téléphone sonne sans arrêt, et ce, le jour comme le soir et la fin de semaine.  

« Environ 40 % de ces appels proviennent de personnes qui sont inquiètes et certaines d’entre elles ont peur de mourir seules », estime Mme Massie.  

Elle ajoute que l’association a maintenant cinq personnes à temps plein pour répondre au téléphone alors qu’avant la crise elles n’étaient que deux, l’une à temps plein et la seconde à temps partiel.  

« On a reçu un appel d’une personne qui devait se faire opérer en juin, mais qui ignore maintenant quand ça se fera. C’est très déchirant d’entendre ça », ajoute-t-elle.  

Il y a quelques jours, l’un des membres de son personnel lui a raconté le témoignage d’une femme âgée qui ne pouvait sortir de chez elle et que les seules personnes qu’elle voyait étaient le livreur d’épicerie et de la pharmacie.  

« Mon employée m’a raconté qu’elle s’est mise à pleurer dès qu’elle a raccroché », relate la directrice générale.  

Cette dernière explique que les employées reçoivent une formation afin de soutenir ces personnes lorsqu’elles appellent, mais que cette formation ne fait pas d’eux des psychologues.  

« Je leur répète constamment qu’on a un programme d’aide pour eux et qu’ils doivent l’utiliser s’ils en ressentent le besoin », indique-t-elle.  

Situation de crise  

« On est en situation de crise depuis le 13 mars », dit sans hésiter Mme Massie, qui déplore que le gouvernement n’aide pas davantage les associations comme la sienne.  

« On se fait dire qu’on est un service essentiel, mais on n’a pas plus d’argent pour embaucher du monde. On est essoufflé et on a besoin d’aide », dit-elle en terminant l’entrevue téléphonique.