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Les professionnels en soins veulent pouvoir prendre des vacances

Vincent Larin | Agence QMI

Alors que la crise se prolonge au Québec, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) interpelle le gouvernement de François Legault afin que ses membres puissent prendre des vacances cet été.

L’arrêté ministériel adopté le 21 mars dernier par Québec permet aux employeurs du réseau de la santé d'annuler tous les congés, de modifier les horaires et d'organiser des déplacements de personnel.

Or, dans plusieurs régions comme le Bas-Saint-Laurent et l’Abitibi-Témiscamingue, il continue d’être utilisé «comme s’il y avait une crise aiguë» même si la situation y est stable, déplore la FIQ.

«Les professionnelles en soins collaborent toutes depuis le début de la crise sanitaire et elles comprennent très bien l'importance de mobiliser les travailleuses pour lutter contre la COVID-19, mais elles observent toutefois que plusieurs employeurs utilisent l'arrêté pour régler des problèmes de main-d'œuvre antérieurs à la crise et cela doit cesser», a affirmé la présidente de la FIQ, Nancy Bédard, par voie de communiqué, jeudi.

L’organisation syndicale demande donc à Québec de garantir à ses quelque 76 000 membres infirmières, infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques œuvrant dans le réseau de la santé du Québec qu’elles pourront prendre des vacances cet été.

«Alors qu'on encensait les professionnelles en soins au début de la pandémie, on néglige maintenant les effets désastreux qu'elle a sur leur vie. Elles sont mères de famille, conjointes, proches aidantes : leur énergie est non seulement mobilisée par la pandémie d'un point de vue professionnel, mais devient aussi un casse-tête sans précédent pour faire face au quotidien», a martelé Nancy Bédard.

Lors de son point de presse quotidien, le premier ministre François Legault s’est montré sensible à cette problématique.

«Je veux dire aux infirmières qu'on comprend que vous allez devoir prendre des vacances bien méritées. Il s'agit juste qu'on travaille ensemble pour la suite des choses», a-t-il déclaré.

Selon le décompte du gouvernement, près de 10 500 employés du réseau de la santé sont présentement absents puisqu’ils sont infectés par la COVID-19 ou craignent de l’être. Pour le moment, Québec a réussi à combler 7200 de ces postes grâce à la plateforme «Je contribue!», mais invite les Québécois à continuer de se porter volontaire pour aller prêter main-forte au réseau de la santé, particulièrement dans les CHSLD.