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Un marché noir de la coiffure risque d’éclore

L’incertitude qui plane autour de la réouverture des salons de coiffure au Québec provoque beaucoup d’anxiété chez les coiffeurs, qui ne savent pas quand ils pourront recommencer à travailler, ni dans quelles conditions.   

Le coiffeur Kevin Lambert alias Kevins-Kyle, suivi sur les médias sociaux par des centaines de professionnels de la coiffure au Québec, dénonce le fait qu’ils ont été laissés de côté par le gouvernement dans le plan de réouverture.  

«On était tous déçus lundi de voir qu’on n’était pas dans les services qui allaient redémarrer. On veut une date pour pouvoir se préparer adéquatement. Notre but c’est de recommencer à travailler, mais dans la sécurité. On est les oubliés présentement», lance d’entrée de jeu le celui qui est propriétaire d’un important salon de coiffure à Mirabel. 

Selon lui, si le gouvernement ne permet pas une réouverture prochaine, un véritable marché noir de la coiffure risque de se développer derrière les portes closes.  

«Je vous le garantis si la réouverture va fin à la fin juin, ça va empirer les choses. Juste hier j’ai compté minimum 350 messages de gens qui me disent : je vais te payer le double, fait-le dans ton garage chez toi sans que personne ne le sache. Je ne le ferais pas parce que je vais respecter les règles, mais on ne peut pas dire la même chose de tout le monde», assure-t-il en entrevue à l’émission le Québec Matin à LCN.  

Il se dit toutefois convaincu qu’il serait possible de travailler de façon sécuritaire en se protégeant avec gants, masques, visières.  

Détresse des clients  

Selon Kenvin-Kyles, les clients vivent une forme de détresse psychologique. 

«N’oubliez pas qu’on est un coiffeur, mais on est aussi vu comme un psychologue, comme un ami, un confident», ajoute-t-il.  

Même s’il comprend que les coiffeurs ne sont pas au front dans le combat contre la COVID-19, qu’ils ne sont pas essentiels, ils demeurent très importants pour leur clientèle.  

«Même moi j’avais sous-estimé mon rôle, je réalise le empowering qu’on a. On est vraiment là pour les gens.» 

Cheveux brûlés  

Il note également que plusieurs qui tentent de faire leur coloration eux-mêmes endommagent leurs cheveux.  

«Le nombre de messages que je reçois de cheveux brûlés! On ne parle pas juste de cheveux d’enfants mal coupés. On parle de gens qui s’achètent des produits en pharmacie et ne savent pas ce qu’ils font. Les produits de pharmacie peuvent être très nocifs pour les cheveux», précise l’expert.  

***Voyez son entrevue intégrale dans la vidéo ci-dessus. ***

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