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La PCU étudiante, un obstacle au recrutement

Éliane Pilote | TVA Nouvelles

Le gouvernement modifie ses règles pour permettre aux commerces avec portes indépendantes de poursuivre leurs activités graduellement.

Cependant avec la prestation canadienne d'urgence et la prestation pour les étudiants, plusieurs employés préfèrent rester à la maison, une réalité difficile pour plusieurs employeurs

C'est une situation à laquelle sont confrontés certains dépanneurs du groupe Sagamie. Dans cette entreprise, on emploie beaucoup d’étudiants, mais le propriétaire s’en rend compte, plusieurs demandent une réduction de leurs heures de travail afin de pouvoir toucher la PCUE. Certains vont même jusqu’à démissionner: leur revenu touché avec l’aide financière est plus intéressant et ils ne voient plus intérêt à travailler.

«On a environ 20% de nos employés qui ont démissionné et 40% qui ont demandé de réduire leurs heures de travail. Puisque nos employés sont souvent des étudiants, ils veulent faire entre 15 à 16 heures pour avoir un salaire d’environ 995$, ainsi ils peuvent travailler et avoir l’aide financière d’urgence pour les étudiants, alors on n’a pas le choix de s’adapter», mentionne le directeur général du groupe Saga, Jacques Falardeau.

Dans les camps de jour, autre milieu qui emploie plusieurs étudiants, on appréhende déjà la problématique. Pour s'assurer que les employés soient au rendez-vous cet été, il faudra revoir les conditions des travailleurs.

«Je suis confiante, on devrait trouver le personnel nécessaire pour s’occuper de nos enfants cet été, par contre, il faudra ajuster les conditions des employés pour rivaliser contre l’aide financière offerte par le gouvernement», affirme Josée Néron, mairesse de Saguenay.

Cependant, bien que les mesures d’aide restent en place, il faut faire attention puisque des pénalités pourraient s’appliquer.

«Ceux qui peuvent aller travailler doivent y aller. Si quelqu’un n’a pas de raison valable de refuser d’entrer au travail, il y aura des conséquences: cette personne par exemple n’aura sûrement plus d’emploi lorsque l’économie repartira», mentionne Richard Martel, député du parti conservateur pour Chicoutimi-Le Fjord

De son côté, lorsqu’il a été questionné sur la problématique, Justin Trudeau a répété que la priorité demeure la santé des Canadiens.

La réouverture graduelle des commerces engendrera de nouveaux postes à combler, les employeurs ont donc un message à passer aux jeunes : malgré les aides financières, c'est le moment idéal pour essayer un nouvel emploi