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«Pas besoin de rendre la vaccination obligatoire»

TVA Nouvelles

Se disant fervent partisan de la vaccination, Amir Khadir ne croit toutefois pas que le gouvernement doive obliger les Canadiens à se faire vacciner contre la COVID-19. De quoi alimenter les anti-vaccins? Absolument pas.     

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«On n’a pas besoin d’imposer la vaccination. La peur qu’a généré le coronavirus et l’arrêt forcé de toutes nos activités vont amener beaucoup de gens à accepter de se faire vacciner. Je suis confiant qu’avec l’information qu’ils ont emmagasinée au cours des derniers mois, il y aura de la sagesse collective», soutient le microbiologiste-infectiologue, Amir Khadir en entrevue à Denis Lévesque.  

D’après un sondage récent, 40% des Canadiens ne sont pas favorables à la vaccination obligatoire contre le SARS-CoV-2. «Ça ne veut pas dire que ces gens-là ne veulent pas être vaccinés, ils veulent avoir le choix. [...] Il suffit que les campagnes de promotion et d’information concernant la vaccination soit rassurante», appuie le Dr Khadir.    

Discours anti-vaccins    

Certains discours anti-vaccins sont tenaces et circulent sur le web ainsi que les médias sociaux. Des parents craignent que les vaccins provoquent l’autisme, d’autres allèguent qu’il y a des risques pour la santé.    

«Il y a toujours des risques dans la vie. On peut trouver des exemples où la ceinture de sécurité a causé plus de torts que de bien. Est-ce une raison pour s’en priver? Absolument pas. C’est une question de risques-bénéfices associés pour la population qui dépasse largement les quelques cas problématiques rapportés», balaie du revers de la main Amir Khadir.    

«La vaccination est une des découvertes scientifiques les plus spectaculaires des 150 années, les plus déterminantes dans l’amélioration de la santé dans l’ensemble du monde», martèle-t-il.    

«En médecine, l’idéal est prévenir plutôt que guérir et en maladies infectieuses, les vaccins ont fait leurs preuves. Dans une lutte à finir avec une maladie aussi contagieuse, aussi dévastatrice avec son niveau de mortalité aussi élevé, la recherche d’un vaccin devient une priorité absolue», martèle le Dr Khadir.     

Efficace ce futur vaccin?    

Pour que la vaccination soit efficace, il faut toutefois avoir découvert un vaccin. Le Dr Khadir est optimiste. En ce moment, cinq études en phases cliniques sont menées dans la course effrénée à la découverte d’un vaccin.     

«Quelque 70 autres études sont dans la phase préclinique où l’on teste sur des animaux puis viendront les études pharmacodynamiques. On essaie plusieurs choses: des molécules combinées, l'ADN, le virus atténué ... Toutes les pistes disponibles sont investiguées. Je pense qu’il y a de l’espoir.»    

Une fois découvert, ce vaccin sera-t-il salvateur? Pensons à l’influenza pour laquelle, le vaccin a des taux d’efficacité fort variable de saison en saison d’année en année.     

«Le vaccin saisonnier contre la grippe vaccin est en effet parfois peu efficace, car le virus change continuellement un certain nombre de ses protéines. On le développe à partir des toutes dernières souches pour trouver la meilleure combinaison; ce n’est pas idéal, car quand le vaccin fonctionne, la saison suivante le virus a déjà muté», reconnait Amir Khadir    

COVID différente de la grippe  

Le SARS-CoV-2 se comporterait différemment de l’influenza. «À date, les données montrent que la COVID ne se transforme pas aussi rapidement qu’une influenza; le changement de ses protéines est beaucoup plus lent que l’influenza»; ce qui est une bonne nouvelle en matière de vaccination.     

«Si la COVID se comporte comme ses cousins, les quatre premiers coronavirus, si on se fie sur le passé, quand on attrape le coronavirus, on est protégé entre un à trois ans. Si les chercheurs trouvent un bon vaccin qui génère la même immunité qu’une infection naturelle, ce qui n’est pas toujours le cas, la protection pourrait être de 2-3 ans», évoque Amir Khadir.     

Faudrait-il alors vacciner tous les Canadiens? «Non. Concernant les maladies contagieuses, environ 85% de la population est protégée si elle a été infectée par le virus ou a été vaccinée; l'ensemble de la population devient alors adéquatement protégée», explique le médecin spécialiste.    

Amir Khadir rappelle que la démonstration de l’efficacité de la vaccination en ce qui a trait à bon nombre de maladies a été faite tout au long du 20e siècle, que le vaccin demeure la clé, l’arme ultime contre la COVID-19.