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Un prof sur cinq absent dans la majorité des écoles

Classe

Photo courtoisie

Plus d’un prof sur cinq pourrait être absent dans une majorité d’écoles lors du retour en classe, selon un coup de sonde réalisé auprès des directions. Les profs d’éducation physique et de musique devront être appelés à la rescousse.  

C’est du moins ce qu’affirme Nicolas Prévost, président de la Fédération des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), qui représente la majorité des directions d’école de la province.  

Près de 300 de ses membres ont répondu hier à un sondage réalisé par la FQDE qui permet d’apprendre que dans 59 % des écoles, la proportion du personnel qui serait de retour en classe est de 80 % ou moins.  

«C’est pas mal ce à quoi on s’attendait», lance M. Prévost.  

Ces «données préliminaires» tiennent compte des enseignants qui ont demandé à travailler à partir de la maison, ce qui ne signifie toutefois pas que toutes les requêtes seront acceptées.  

D’autres demandes pourraient aussi s’ajouter au cours des prochains jours.  

«Mais ça correspond à peu près à quoi on s’attendait», lance M. Prévost.  

Exceptions  

La présence à l’école n’est pas recommandée pour les membres du personnel qui ont 60 ans et plus de même que pour ceux qui ont des conditions de santé les rendant vulnérables à la COVID-19, selon Québec.  

Reste à voir si les enseignants qui craignent pour la santé de leurs proches pourront travailler à partir de la maison.  

Un guide rédigé par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) en collaboration avec la santé publique devrait être transmis au réseau scolaire sous peu, afin de préciser ces balises.  

Par ailleurs, selon le même coup de sonde, la proportion d’élèves qui seront de retour en classe serait de plus de 60 % dans la majorité des écoles primaires.  

Autres profs à la rescousse  

Le réseau scolaire, qui était déjà aux prises avec une pénurie d’enseignants avant la pandémie, devra donc trouver d’autres profs pour remplacer ceux qui travailleront de la maison.  

Les enseignants spécialistes du primaire – en éducation physique, musique et anglais – seront parmi les premiers à être appelés en renfort, indique M. Prévost.  

Plusieurs écoles devront aussi faire appel à des enseignants du secondaire, ajoute-t-il.  

«Je suis convaincu qu’on n’aura pas le choix d’aller chercher de l’aide de la part des enseignants du secondaire pour venir nous prêter main-forte au primaire», dit-il.  

Des étudiants en éducation pourraient aussi être sollicités.  

Retour progressif en classe réclamé  

Jean-François Roberge, Ministre de l’Éducation

Photo Simon Clark

Jean-François Roberge, Ministre de l’Éducation

Des directions d’école demandent à Québec de leur permettre d’étaler la rentrée du 11 mai sur quelques jours, pour mieux accueillir les élèves vulnérables et mettre en place les mesures sanitaires. Au moins une commission scolaire n’a pas attendu le feu vert de Québec pour aller de l’avant.  

La commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, a annoncé que le retour à l’école ne se fera pas en même temps pour tous les élèves, le 11 mai prochain.   

«Nous jugeons souhaitable que la rentrée des élèves s’effectue de façon progressive afin d’assurer le respect des directives de santé publique, notamment celle de la distanciation», peut-on lire dans un message destiné aux parents.  

De leur côté, les directions d’école demandent à Québec d’autoriser la rentrée progressive dans les établissements qui voudront étaler le retour en classe sur quelques jours.  

Incompréhension  

Puisque le gouvernement Legault mise sur un retour en classe graduel, on s’explique mal pourquoi ce ne serait pas possible, affirme Carl Ouellet, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles.  

«Le danger, c’est d’échapper des élèves, de ne pas pouvoir bien prendre soin d’eux en arrivant, si tout le monde est en même temps. Le jeune pour qui ça ne se sera pas bien passé, la première journée, est-ce qu’il va revenir le lendemain?» demande M. Ouellet.  

Ce dernier rappelle qu’une des premières raisons mises de l’avant par le gouvernement Legault pour ouvrir les écoles est de prendre soin des élèves les plus vulnérables. «On veut bien les accueillir», affirme-t-il.  

Au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, on a indiqué hier que cette demande des directions d’école est présentement à l’étude.  

Les Anglos défient Québec  

De leur côté, les commissions scolaires anglophones ont annoncé hier qu’elles décideront «si et quand» chacune de leurs écoles peuvent rouvrir «après avoir déterminé que toutes les conditions nécessaires peuvent être réunies dans chaque cas».  

Malgré l’adoption de la loi 40, les commissions scolaires anglophones continuent de faire valoir leur droit de gérer leur système scolaire en tant que minorité linguistique, précisent-elles dans un communiqué.  

Une présence très variable d’une école à l’autre  

La proportion dans laquelle les profs seront présents   

  • 30 % et moins dans 5 % des écoles  
  • 31 à 40 % dans 2 % des écoles  
  • 41 % à 50 % dans 3 % des écoles  
  • 51 % à 60 % dans 5 % des écoles  
  • 61 % à 70 % dans 7 % des écoles  
  • 71 % à 80 % dans 27 % des écoles  
  • 81 % à 90 % dans 26 % des écoles  
  • 91 % à 100 % dans 15 % des écoles    

Source : sondage de la FQDE réalisé auprès de 282 directions d’école

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