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«Les aînés sont en train de se déconditionner mentalement et physiquement», juge une experte

Le confinement fait des ravages auprès de la population la plus vulnérable et isolée de notre société.    

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La liste d’aînés en détresse s’allonge la situation serait loin d'être réglée, selon Christine Vilcocq, gérontologue et directrice des opérations du centre d’Excellence sur la longévité.   

«En confinement, les aînés sont en train de perdre leurs habitudes : ils sont en train de se déconditionner mentalement et physiquement», déplore l’experte sur les ondes de LCN.   

Ces aînés, qui pouvaient être bien à la maison avant la crise, seront retrouvés dépendants, croit Christine Vilcocq. 

Comme les adultes en confinement, les aînés ne marchent presque plus et ne sortent pratiquement pas. Ainsi, les habitudes se perdent et ils auront des hésitations avant de ressortir.   

«Nécessairement, il y aura de plus en plus de personnes qui vont tomber dans cette angoisse, cette anxiété ou ce déconditionnement moteur et psychique», mentionne-t-elle.   

Moins de soins, plus de détresse   

Plusieurs aînés, dont le suivi médical est essentiel, sont réticents à recevoir des soins à domicile par peur de contagion communautaire.   

«Après six semaines de confinement, nos aînés sont à la maison et il y a eu rupture du continuum de soins qui fragilise des patients déjà très vulnérables», explique Mme Vilcocq.   

Comme cette nouvelle réalité engendre une rupture des besoins de base, comme l’alimentation et l’accès aux soins et aux médicaments, le centre d’Excellence sur la longévité a mis sur pied une évaluation qui permet de repérer les aînés isolés à domicile et à risque.   

Sur 6400 usagers recensés, 9% des dossiers sont identifiés en «rouge» et nécessitent une aide urgence.   

«Les soins à domicile vont mettre un peu de temps à se remettre en place et il y aura toujours cette crainte de la contagion.    

Christine Vilcocq envoie un message aux aînés qui sentent avoir besoin d’aide.   

«C’est difficile pour tout le monde et s’il y a quel problème que ce soit, si on ressent une gêne, une douleur ou un très grand malheur, il faut absolument en parler. Il n’y a pas de gêne, pas de honte. Il faut absolument l’exprimer au plus vite et rejoindre au plus vite toutes les cellules de soutien qui sont mises en place, que ce soit le 811, le 211 ou le 911.»   

Besoin d'aide pour vous ou pour un proche? Les intervenants du Centre de prévention du suicide de Québec sont disponibles 24/7. 1-866-APPELLE.