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Les grands chantiers montréalais veulent un «blitz agressif»

MARIO BEAUREGARD/AGENCE QMI

Les gestionnaires des grands chantiers montréalais souhaitent faire un blitz de travaux pour rattraper les retards causés par la pandémie. Si le gouvernement adhère à cette stratégie, un nombre impressionnant de rues seront bloquées simultanément.

L’échangeur Turcot, le pont Samuel-De Champlain, le Réseau express métropolitain, tant de mégas projets qui sont suspendus depuis des semaines et dont la reprise des activités le 11 mai s’annonce complexe.

«Juste quand je pense à refaire toute la coordination des entraves, j’en ai mal à la tête», lance le gestionnaire d’un grand chantier qui participe aux réunions téléphoniques hebdomadaires avec le ministère des Transports (MTQ) et la Ville de Montréal.

Souhaitant préserver son anonymat, il explique que la majorité des responsables des grands chantiers songent à relancer la construction à une cadence accélérée. Ils veulent profiter de l’accalmie sur le réseau routier pour fermer simultanément un nombre important de rues et de bretelles routières.

Le MTQ réfléchit

Questionné sur la possibilité d’un «blitz agressif» dans le Grand Montréal, un porte-parole du MTQ, Martin Girard, a indiqué que le gouvernement fera une analyse «au cas par cas» et que la coordination se fera «afin de limiter les répercussions sur la mobilité». La Ville de Montréal n’avait pas répondu à notre demande d'information au moment d’écrire ces lignes.

Selon l’expert en transports Pierre Barrieau, Québec et Montréal devraient mettre de l’avant la stratégie du blitz pour au moins trois à six semaines. «Les chantiers doivent prendre avantage du réseau routier qui est extrêmement fluide en ce moment», dit le chargé de cours à l’Université du Québec à Montréal.

M. Barrieau estime que si les autorités mesurent quotidiennement le débit et la vitesse moyenne de circulation, ils pourront ajuster les entraves en fonction de la reprise graduelle des activités.

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Turcot finit à Noël?

Le vaste chantier de l'échangeur Turcot, qui devait être complété vers la fin de l'été 2020, risque d'être prolongé jusqu'au mois de décembre.

Le méga projet de reconstruction a été à l'arrêt un peu moins de deux mois, mais la reprise sera complexe. En plus de revoir complètement l'échéancier et les entraves prévues, le consortium KPH Turcot doit attendre l'arrivée de certains matériaux provenant d'Europe, où les usines reprennent à peine leurs activités.

Les mesures sanitaires sur le chantier ralentiront aussi la productivité des opérations. Le gouvernement a toujours indiqué que le chantier Turcot serait complété avant de débuter celui du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Toutefois, la pandémie risque de forcer le chevauchement des deux chantiers cet automne. Le MTQ assure que cette situation ne causera pas d’entraves majeures.

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