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Marguerite Blais montre du doigt l'austérité libérale, Gaétan Barrette riposte

Après avoir affirmé qu’il fallait prendre une responsabilité collective pour la situation catastrophique dans les CHSLD, la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a «pris sa part des responsabilités», mardi, tout en attaquant le précédent gouvernement.    

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«Tout d’abord, je vais prendre ma part des responsabilités. Je suis ministre des Aînés, le premier ministre s’est excusé de la part du gouvernement, je fais partie du gouvernement et je prends ma part des responsabilités», a lancé d’entrée de jeu la ministre après avoir été questionnée sur sa déclaration qui a beaucoup fait réagir au cours du weekend.    

Sauf que la ministre avait quelques munitions à décharger contre les précédentes administrations libérales.  

«Dans un précédent gouvernement, j’avais pas mal les pieds et les mains liés par rapport à tout ce qui touche les milieux d’hébergement puisque c’était la responsabilité du ministre de la Santé», a-t-elle déploré.    

  

  

La ministre responsable des Aînés, qui a occupé un rôle semblable sous Jean Charest, n’a pas hésité à montrer du doigt les années d’austérité financières des précédents gouvernements pour expliquer les problèmes actuels dans les CHSLD.    

«Quand je dis que les CHSLD ont été les mal-aimés, c’est parce qu’on a laissé ces milieux-là. Il y a des CHSLD qui ont 25 ans, des CHSLD où les gens sont deux ou trois par chambre. C’est normal que l’infection se répande plus rapidement, on n’est pas capable d’isoler les personnes autant.»    

«On parle de milieux de vie, mais est-ce que nos CHSLD sont vraiment des milieux de vie? Je pose la question et je vous donne la réponse en même temps», a-t-elle ajouté.    

Barrette réplique    

La réponse du précédent ministre de la Santé, Gaétan Barrette, ne s’est pas fait attendre.    

  

  

«Marguerite la Ponce Pilate. Une ministre sans influence dans tous les gouvernements où elle a participé. Zéro embauche, zéro ratios, zéro augmentation de salaire depuis son arrivée. Zéro influence», a-t-il écrit dans un tweet rageur.    

M. Barrette a enchaîné pour affirmer que Marguerite Blais n’est jamais venue le voir, lorsqu’il était ministre de la Santé, pour demander ni une hausse de la rémunération du personnel ni une hausse des embauches des préposés.    

  

  

En entrevue à LCN, la ministre Blais a balayé les messages de Gaétan Barrette, rappelant que lors de son passage au sein du gouvernement Couillard, elle avait dû composer avec la maladie de son mari avant d'être proche aidante pendant sept mois et de finalement démissionner.    

«Il peut bien dire ce qu’il veut dire, mais la réalité c’est que les mégastructures qui ont été mises en place font en sorte que c’est beaucoup plus difficile de faire de la gestion locale, par établissement», a-t-elle soulevé.   

 

Legault défend sa ministre    

Le premier ministre François Legault a de son côté répété que son gouvernement aurait dû hausser la rémunération des préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD plus rapidement afin de pourvoir des postes demeurés vacants.    

«Si j’ai un reproche à me faire – et ce n’est pas Marguerite, c’est l’ensemble du gouvernement incluant les Finances, le Trésor, la Santé et les Services sociaux –, c’est de se dire qu’on aurait dû augmenter les salaires avant la fin de la convention collective. C’est là peut-être qu’il y a une erreur qui a été faite», a déclaré le premier ministre.    

François Legault s’est cependant montré optimiste d’en venir à une entente avec les syndicats pour ajouter des primes à ces travailleurs afin d’attirer des travailleurs à temps plein dans le réseau le plus rapidement possible.

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