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Québec assouplit les mesures de confinement de milliers d'aînés

Québec assouplit le confinement des aînés autonomes, qui pourront recommencer à faire leurs emplettes. Des plages horaires leur seront réservées dans les épiceries et pharmacies.     

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Il y a maintenant six semaines, François Legault avait servi tout un avertissement aux personnes âgées, plus à risque de mourir d’une infection à la COVID-19. «Envoye à maison!» avait lancé le premier ministre, reprenant les paroles d’une chanson de Jean-Pierre Ferland.     

Les Québécois de 70 ans et plus pourront souffler un peu et reprendre une certaine forme d’autonomie. Il y va de la santé physique et mentale des aînés, selon le Dr Horacio Arruda.    

«Le confinement entraîne, particulièrement chez les personnes âgées, une sous-stimulation, et l'isolation entraîne, au-delà des pertes cognitives ou musculaires, beaucoup de stress, beaucoup d'anxiété et même de la peur», a-t-il convenu mardi, flanqué de François Legault et de la ministre des Aînés, Marguerite Blais.    

C'est donc dire que les promenades libres et les rencontres extérieures avec des proches sont désormais permises, et ce, sans supervision.     

Ces aînés devront par ailleurs respecter des consignes de santé publique strictes, comme le lavage des mains à l’entrée et à la sortie de la résidence et le maintien d’une distance de deux mètres avec les autres. Le port d’un couvre-visage est quant à lui fortement recommandé.    

  

  

Le retour des emplettes    

À compter du 11 mai et selon les régions, les personnes âgées pourront recommencer à fréquenter les épiceries et les pharmacies. Une plage horaire leur sera spécifiquement réservée dans les commerces essentiels, comme c’est le cas actuellement chez certains détaillants.     

«On va réserver des périodes spéciales où [...] on va s'assurer qu'il y ait moins de monde, puis qu'on les expose moins à des risques potentiels», a précisé le directeur national de la santé publique.    

Informés en même temps que la population, les commerçants seront au rendez-vous, a aussitôt réagi le Conseil canadien du commerce de détail.     

«Nous allons répondre à l’appel et les détaillants travaillent déjà pour mettre en œuvre cette demande du Dr Arruda», a fait valoir le directeur des relations gouvernementales, Jean-François Belleau.     

  

  

Les résidences pour aînés plus souples     

Les résidents des établissements privés pour aînés qui ont été épargnés par le coronavirus auront également le droit d’en sortir sans supervision. «En voulant protéger nos aînés qui vivent dans des résidences, on leur a enlevé aussi beaucoup de liberté de mouvement. On les a coupés de leurs proches. Il fallait le faire, mais l'heure est venue d'assouplir graduellement les règles pour leur redonner une vie plus normale et pour amoindrir une détresse psychologique qui est en train de s'installer», a soutenu la ministre Marguerite Blais.    

À compter du 11 mai, les proches aidants pourront également «s’occuper de leur monde» dans les établissements pour aînés, a-t-elle promis.    

  

  

Les proches aidants maintenant admis     

La ministre Marguerite Blais a elle annoncé que les proches aidants pourront se rendre en CHSLD et dans les résidences pour aînés à compter du 11 mai.    

«Un proche aidant significatif va pouvoir s’occuper de la personne qui lui est chère, sauf exceptions, que ce soit dans les CHSLD, dans les ressources intermédiaires, dans les résidences privées pour aînés, dans les ressources de type familial.»     

Un refus d’accès à ces proches aidants devra être justifié par l'établissement au ministère de la Santé par la résidence. «On inverse le fardeau de la preuve», a imagé le Dr Horacio Arruda.     

  

  

Visites permises aux soins palliatifs     

Dans les dernières semaines, les témoignages poignants de gens qui n’ont pu faire un dernier adieu à des proches en raison des consignes sanitaires ont été nombreux. Des conséquences «inhumaines» de la pandémie qui ne doivent plus se reproduire, selon la ministre des Aînés.      

L’interdiction des visites dans les unités de soins palliatifs est levée, même si la mort d’un être cher n’est pas imminente. «Vous pourrez dire adieu à vos parents et les parents pourront dire adieu à leurs enfants ou à leur conjoint.»    

Manque de personnel     

Québec entend élaborer de nouvelles primes pour convaincre les gens de venir travailler à temps plein dans le réseau de la santé, où 11 200 employés sont absents, a annoncé François Legault.     

M. Legault a réitéré son appel à l'aide auprès des employés du réseau qui ont terminé leur quarantaine ainsi qu'aux Québécois qui n'ont pas de qualifications en santé.     

«C'est difficile de faire des miracles avec le nombre d'employés qui sont absents dans le réseau», a-t-il mentionné.     

 

 

Seulement 325 militaires des Forces armées canadiennes ont par ailleurs été envoyés dans les CHSLD du Québec. «On n’a jamais eu de confirmation pour les 1000 [soldats]», a noté François Legault, avant d’ajouter que le déploiement «pourrait être plus rapide».     

Ottawa affirme pourtant qu'entre 500 et 550 militaires sont affecté directement dans les CHSLD au Québec.     

«Les Forces armées canadiennes ont actuellement 760 membres affectés à l'opération en centres de soins de longue durée au Québec, dont 500 à 550 directement dans 13 CHSLD. Nous travaillons actuellement avec le gouvernement du Québec pour déployer davantage de militaires dans au moins 7 autres CHSLD», a indiqué par courriel une porte-parole du ministère de la Défense.     

Celle-ci affirme qu'Ottawa compte bien déployer, comme l'a demandé le gouvernement du Québec, un total de 1000 militaires en renfort.