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Quatre nouveaux droits pour les 70 ans et plus

Le Journal

Réal Villeneuve, 79 ans, portait fièrement un masque de protection, hier, lorsque Le Journal l’a rencontré, dans la région de Québec. À compter de lundi, les aînés de plus de 70 ans qui se rendront dans des
commerces essentiels devront eux aussi être masqués.

Photo Simon Clark

Réal Villeneuve, 79 ans, portait fièrement un masque de protection, hier, lorsque Le Journal l’a rencontré, dans la région de Québec. À compter de lundi, les aînés de plus de 70 ans qui se rendront dans des commerces essentiels devront eux aussi être masqués.

Les personnes âgées de 70 ans et plus, qu’ils habitent à domicile ou dans une résidence privée pour aînés, pourront recommencer à sortir, s’il n’y a pas de cas de COVID-19 là où ils habitent. Voici ce qui leur sera permis, et à quel moment, selon les régions.  

 • À lire aussi: Québec assouplit les mesures de confinement de milliers d'aînés 

1. Sortir marcher  

Depuis hier, tous les aînés du Québec peuvent aller faire une marche à l’extérieur sans qu’elle soit supervisée.          

-Les résidences privées pour aînés devront tenir un registre des entrées et sorties.      

-Les aînés auront l’obligation de se laver les mains quand ils sortent et à leur retour.         

2. Rencontrer leurs proches  

-Tous les aînés du Québec ont dorénavant le droit de rencontrer un proche à l’extérieur de leur résidence à une distance de deux mètres, à l’exception de ceux habitant dans la région métropolitaine.     

-À Montréal, à Laval et en Montérégie, ceux-ci pourront le faire à compter du 11 mai prochain.         

3. Faire des activités  

-Les aînés du Québec, à l’exception de ceux habitant à Montréal, à Laval et en Montérégie, ont maintenant le droit de faire des activités à l’intérieur et à l’extérieur de leur résidence à condition qu’une distance de deux mètres soit maintenue.      

-Pour les personnes âgées de la région métropolitaine, cette permission sera accordée à compter du 19 mai.         

4. Faire les courses dans les commerces essentiels (épiceries, pharmacies, etc.)  

-À compter du 11 mai, les aînés des régions les plus éloignées des centres urbains (Bas-St-Lauren, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Outaouais, Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord, Nord-du-Québec, Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine) pourront se rendre dans les commerces essentiels selon certaines plages horaires qui leur seront réservées et qui doivent encore être annoncées.     

Ils devront alors porter un couvre-visage.     

-Cette permission sera accordée à ceux des autres régions (Capitale-Nationale, Mauricie, Centre-du-Québec, Estrie, Chaudière-Appalaches, Lanaudière, Laurentides) à compter du 19 mai.      

-Aucune date n’a encore été annoncée pour ce qui est de Montréal, de Laval et de la Montérégie.     

-Toutefois, les aînés de Montréal, de Laval et de la Montérégie qui habitent des condos annexés à une résidence privée auront le droit de fréquenter des commerces essentiels à compter du 19 mai.         


Une annonce qui fait réagir bien des personnes âgées  

« Je prends des marches tous les jours mais je ne sortirai pas plus. J’aimais les restaurants mais c’est terminé pour l’instant Je porterai un masque s’il le faut, mais pas pour marcher dehors. » – Réal Villeneuve, 79 ans  

« J’ai un fils handicapé en résidence depuis plusieurs années, et depuis deux mois, on ne peut plus le voir. Il doit se sentir abandonné. C’est vraiment difficile. » – Rachelle Martineau, 70 ans  

« Je suis autonome mais ça fait des mois que je n’ai pas mis le nez dehors. Ça ressemble à une prison condamnée. On va avoir plus de lousse avec une certaine prudence. » – Françoise Mallet, 83 ans  

« Ça ne pouvait pas continuer comme ça. Il y en a qui étaient rendus au bout. » – Judith Gagnon, présidente de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées  

« On était fous braques. C’est un plaisir immense. [au sujet de l’annonce] . C’est pas parce qu’on a 70 ans qu’on est séniles. Une amie s’est remise à fumer. Elle me disait : “Les murs se referment sur moi.” » – Gisèle Charette, 71 ans  

« Ce dont j’ai le plus hâte, c’est de prendre ma voiture et d’aller à l’épicerie. Choisir mes affaires. » – Huguette Chevalier, 78 ans  

« La pire chose, c’était de ne pouvoir faire aucune course moi-même. De toujours quémander. C’est pénible. » – Nicole Provençal, 77 ans  

Propos recueillis par Jean-François Racine et Dominique Scali