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«Véritable opacité sur l’origine du virus», dit un journaliste qui a visité le laboratoire de Wuhan

TVA Nouvelles

L’origine du virus de la COVID-19 est au cœur des préoccupations de plusieurs gouvernements, dont les États-Unis qui affirment qu’il a été créé dans un laboratoire de Wuhan, en Chine. Un journaliste et essayiste français a pu visiter ces installations et fait le point.  

Antoine Izambard, auteur du livre «France Chine, les liaisons dangereuses», s’est rendu au laboratoire de Wuhan en février 2019.  

«C’est un laboratoire qui est situé à une trentaine de km au sud de Wuhan. C’est un immense bloc de béton sur quatre niveaux avec différentes pièces où les chercheurs manipulent les virus», a-t-il raconté en entrevue à LCN.    

Lors de sa visite, il a remarqué une importante sécurité : des caméras qui filment en continu, des radars et des barbelés. Le laboratoire de classification P4 n’était alors pas encore en service.    

«Il était encore en phase de test. Il n’y avait pas énormément de chercheurs et il n’y avait pas encore de virus de type 4, les plus dangereux au monde», précise M. Izambard. 

Origine trouble  

Les États-Unis affirment avoir des «preuves immenses» que ce laboratoire est à l’origine du virus. M. Izamard s’allie plutôt à la communauté scientifique.  

«Tous les scientifiques s’accordent pour dire que la COVID-19 n’a pas été créée en laboratoire. Il a éventuellement pu survenir d’un accident en laboratoire. Cette hypothèse d’un accident non intentionnel est jugée crédible», affirme-t-il.  

Selon lui, les chances que le virus ait été créé dans ce laboratoire sont faibles puisqu’il ne possède pas l’accréditation nécessaire pour manipuler des coronavirus de chauve-souris.  

«Il y a plus de soupçons sur d’autres laboratoires, notamment le Centre chinois de prévention et de contrôle de Wuhan qui étudie des coronavirus et qui est moins sécurisé», avance-t-il tout en précisant qu’il n’y a encore aucune preuve que la COVID-19 vient d’un laboratoire.  

L’auteur précise que le Centre chinois de prévention et de contrôle de Wuhan est situé à 300 mètres seulement du marché aux poissons Huanan à Wuhan, longtemps considéré comme le premier foyer de contagion.   

Patient zéro  

Difficile de retracer l’origine du virus sans l’aide de la Chine et l’accès à ses informations et ses installations.  

«Aujourd’hui, il y a une véritable opacité sur l’origine du virus. La Chine ne fait preuve d’aucune transparence là-dessus et il y a un flou sur le fonctionnement de plusieurs laboratoires de Wuhan», explique l’auteur.   

La piste du marché aux poissons semble de moins en moins probable selon M. Izambar puisqu’un cas a été identifié en novembre qui n’était pas lié au marché à poisson.   

«On est à la recherche du patient zéro, on ne sait pas véritablement quel a été le foyer primaire. Une fois qu’on aura déterminé ça, on pourra avancer et savoir si un laboratoire à proximité ou entré en contact avec le patient zéro», dit-il.  

Des réponses?  

Est-ce qu’un jour le monde sera en mesure d’obtenir de véritables réponses sur l’origine du virus? Ça semble complexe, selon l’auteur.  

«Il y a un véritable flou qui est maintenu par la Chine qui ne veut pas avoir d’enquêteurs de l’OMS qui vont débarquer à Wuhan ou dans la région de Hubei pour avancer dans cette découverte.»  

Malgré tout, il y a une pression internationale pour que se tienne une véritable enquête.   

«Aujourd’hui, on est dans une guerre froide entre la Chine et l’occident. Dans les mois qui viennent, on va avoir un durcissement diplomatique et la Chine va être appelée à donner quelques gages à la communauté internationale», conclut-il.

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