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Accueil mitigé pour la prime additionnelle en santé

Agence QMI

Le gouvernement Legault va de l’avant avec une prime additionnelle de 1000 $ par mois pour attirer le personnel soignant, mais la plus grande organisation syndicale dans le secteur de la santé estime que le problème structurel doit être réglé, notamment les conditions de travail. 

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 Ainsi, pour inciter les travailleurs de la santé et les volontaires à contribuer à l'effort de guerre, le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, a confirmé que tous ceux qui travailleront à temps plein pendant au moins un mois auprès des victimes de la COVID-19 recevront une prime mensuelle, qui s’élève à plus de 1000 $. 

Une autre prime de 2000 $, qui s'ajoute aux autres bonifications, sera accordée aux travailleurs qui accepteront de transférer de région. 

Tous ceux œuvrant dans les trois types de centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) publics, privés conventionnés et privés pourront en bénéficier. 

Les primes coûteront 70 millions $ par mois au gouvernement, selon Christian Dubé. 

Réagissant à la mesure, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) a déploré jeudi que cette prime ne soit pas versée à plus de monde, estimant que plusieurs secteurs ont été oubliés: le secteur préhospitalier, les services de garde éducatifs, les institutions religieuses et les organismes communautaires. 

«Ne disposant que des informations données par le premier ministre François Legault en point de presse [jeudi], la FSSS-CSN n’est pas en mesure à ce moment-ci d’analyser adéquatement toutes les implications de cette annonce», a-t-on fait savoir. 

Cette nouvelle mesure n’est que le reflet d’un sous-financement des services qui a mis à mal le système public de la santé et des services sociaux, estime la Fédération, qui compte plus de 110 000 membres dans les secteurs publics et privés. Elle a par ailleurs invité Québec à opter pour des solutions durables et permanentes. 

«C’est clair qu’avec des salaires beaucoup trop bas, les établissements ont de la misère à attirer et à retenir du personnel. Si l’actuelle pandémie révèle ces difficultés au grand jour, ce serait une grave erreur de penser qu’elles disparaîtront avec le coronavirus», a soutenu le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley. 

Ce dernier croit qu'il est impératif de s’attaquer aussi aux conditions de travail, tant en termes de charge de travail que de prévention en santé et sécurité du travail. 

«Nous sommes aux tables de négociation actuellement. C’est le temps de trouver des solutions durables, mais on nous offre actuellement des miettes pour les salaires et très peu de perspectives quant à l’amélioration des conditions de travail de l’ensemble du personnel», a-t-il déploré. 

«Bonne nouvelle» 

De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) a accueilli favorablement la nouvelle, se disant satisfaite que le gouvernement mette enfin sur pied une mesure attractive pour les travailleuses de la santé les plus exposées pendant cette pandémie. 

«Même si c'est une bonne nouvelle, cette mesure reste imparfaite et ne s'appliquera malheureusement pas à toutes celles qui sont au front», a soutenu la présidente de la FIQ, Nancy Bédard. 

«Que réserve-t-on comme bonification à celles qui ne peuvent pas être disponibles à temps complet? Quelles conditions devront être remplies par les professionnelles en soins pour obtenir ces primes? On comprend que le gouvernement veut favoriser l'attraction et la rétention du personnel dans les établissements où la COVID-19 sévit et on a enfin une mesure significative en ce sens», a-t-elle poursuivi. 

La Fédération s’est dite par ailleurs toujours préoccupée par «la sécurité et le répit dont ont besoin les professionnelles en soins et qui ne sauraient être remplacés par des mesures exclusivement monétaires». La FIQ réclame que les professionnelles en soins puissent avoir des vacances. 

À la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), on accueille positivement les nouvelles primes. Cependant, «comme le dit si bien l'adage, le diable est dans les détails», a fait savoir le président de la FTQ Daniel Boyer. 

«Il est urgent d'améliorer les conditions d'exercice d'emploi dans le secteur de la santé, particulièrement pour les préposées aux bénéficiaires si on veut favoriser l'attraction et la rétention du personnel dans les établissements», a-t-il ajouté