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Moins de 100 personnes sur les 7260 candidatures travaillent dans les champs

Kathryne Lamontagne | Journal de Montréal

GEN-ÉTRANGERS-CHAMPS

FRANÇOIS-DAVID ROULEAU/l'ÉCHO DE LA RIVE-NORD/AGENCE QMI

Moins de 100 personnes sur les 7260 qui ont soumis leur candidature pour donner un coup de main aux travailleurs agricoles québécois ont été affectées dans les champs, a appris Le Journal.  

Le gouvernement Legault annonçait le 17 avril dernier un incitatif de 100 $ par semaine pour les Québécois qui iraient prêter main-forte aux agriculteurs alimentaires.   

L’objectif est d’aider les producteurs qui, dans la crise, risquent d’être privés d’une grande partie de leur main-d’œuvre étrangère.   

En date de mercredi, 7260 personnes ont levé la main à ce jour, confirme l’Union des producteurs agricoles (UPA). Dominique St-Aubin fait partie du lot.   

Sans emploi depuis la fin d’un contrat en marketing touristique à l’hiver, célibataire et cloîtrée dans son 3 et demi, la Montréalaise n’a pas hésité une seconde à se porter volontaire.   

Elle a envoyé son CV et rempli un questionnaire en ligne, après avoir été contactée par son centre d’emploi agricole. Mais depuis, c’est silence radio.   

« J’ai envie de travailler, je suis vigoureuse, je suis en forme ! Est-ce que je suis la seule qui n’a pas reçu de retour ? », questionne-t-elle.   

La réponse est non. À peine 92 travailleurs ont été jumelés avec des entreprises pour le moment, a confirmé l’UPA mercredi.   

« Il y a eu un gros boom avec le lancement de la campagne, il y a eu beaucoup de candidatures en très peu de temps », reconnaît Geneviève Lemonde, directrice générale chez AGRIcarrières.    

Besoins à venir  

Ce nombre sera toutefois appelé à grandir au cours du prochain mois, alors que les besoins se feront sentir lors des récoltes, vers la mi-juin. « C’est là qu’on a besoin de la plus grosse masse de travailleurs », expose Mme Lemonde.    

Difficile tout de même pour le moment d’évaluer les besoins. Les producteurs agricoles ne savent toujours pas combien des quelques 16 000 travailleurs étrangers pourront gagner le Québec cet été. Et ces derniers seront priorisés.    

« Ils ont déjà des contrats de travail avec l’employeur, qui doit les prendre. On sait qu’on n’aura pas 100 % des travailleurs étrangers. Mais est-ce qu’on va se rendre à 60 % ? À 50 % ? C’est ça qui va dicter le nombre de Québécois requis pour faire le travail », poursuit Mme Lemonde.    

« Tous les bras disponibles »  

Chose certaine, les agriculteurs auront besoin de « tous les bras disponibles » lors de la haute saison. Et la motivation, la capacité physique et la mobilité des candidats seront valorisées à leur CV.   

De quoi rassurer Dominique St-Aubin, qui craignait que son expérience plus « institutionnelle » ne nuise à sa candidature. « Si on veut s’en aller vers l’autosuffisance alimentaire au Québec, il faut commencer quelque part. Je ne m’attends pas à un petit travail facile. Mais j’ai envie de le faire ! », soutient-elle.