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COVID-19: Les projections de mai font craindre le pire à Montréal

Des projections d'évolution de la pandémie publiées sans préavis par l'Institut national de la santé publique font craindre le pire en cas de déconfinement à Montréal, avec plus de 150 décès par jour en juillet, sans même tenir compte des CHSLD.   

Contrairement aux scénarios du mois d’avril, qui avaient fait l’objet d’un breffage technique et d’une conférence de presse, les scénarios de mai ont finalement été mis en ligne sans avertissement vers 16h15, vendredi.      

Les graphiques sur l’évolution de la COVID-19 au Québec présentés sans chiffres absolus ont de quoi inquiéter, particulièrement dans le Grand Montréal, où se retrouvent la plupart des cas et des décès.      

Même sans déconfinement dans la métropole, «il est encore difficile de déterminer la trajectoire de l’épidémie», considère le groupe d’experts de l’INSPQ et de l'Université Laval dirigé par Marc Brisson, qui a concocté ces projections.      

«Dans le Grand Montréal, la situation de la COVID est fragile, donc des petites croissances de contacts sociaux pourraient mener à une augmentation rapide des hospitalisations et des décès», a résumé M. Brisson dans une entrevue accordée à notre Bureau parlementaire en début de soirée.      

Selon les graphiques disponibles, en incluant tous les cas, c’est-à-dire ceux qui sont confirmés et ceux estimés, on pourrait franchir, dès le mois de juin, la barre des 10 000 cas par jour en cas de déconfinement à Montréal. On dépasserait alors 150 décès par jour dès le mois suivant.      

Graphique, Institut national de la santé publique

  

Graphique, Institut national de la santé publique

  

Graphique, Institut national de la santé publique

Les CHSLD exclus  

Les cas et les décès en CHSLD, considérés comme un «milieu fermé» ont toutefois été exclus des projections.      

«On a deux dynamiques complètement différentes et si on intégrait des infections et les décès des CHSLD on n’aurait pas un bon portrait des dynamiques de transmission dans la population en général», a expliqué M. Brisson.      

Ailleurs au Québec, avec ou sans déconfinement, la situation semble si stable que les projections laissent croire à une réduction des hospitalisations et des décès, qui serait toutefois ralentie avec la reprise des contacts.      

«Pour ce qui est des autres régions, le modèle suggère qu’on aurait eu un pic épidémique au début du mois d’avril», a illustré M. Brisson.      

«Dans un contexte où dans les autres régions, où on a ce genre de réduction des cas, des hospitalisations et de décès depuis un certain temps, il y a une certaine marge de manœuvre pour un déconfinement», a-t-il ajouté.      

«Au jour le jour»  

Lundi, en point de presse, le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, avait indiqué que les scénarios pour le mois de mai seraient rendus publics «avant le déconfinement».      

«Les scénarios, on pourra vous les montrer. [...] C'est un portrait pris à un moment donné avec des données, mais nous, on va suivre la chose au jour le jour», avait dit Dr Arruda.      

«Il y a trois Québec. Il y a le Québec des CHSLD, particulièrement de la région de Montréal, il y a le Québec Montréal, [...] puis il y a l'autre Québec, qui, lui, a vraiment atteint tous les critères pour un déconfinement», avait-il prévenu.      

Réactions      

«Ces projections démontrent un risque majeur pour la population montréalaise d’un assouplissement des restrictions. Il devient donc impensable de procéder avec quelconque assouplissement dans la région métropolitaine. Avec ces données, le gouvernement doit impérativement prioriser la santé publique plutôt que tous ses autres intérêts.»      

– André Fortin, porte-parole du Parti libéral du Québec en matière de santé  


«Dans tous les cas, la décision de déconfiner ne doit pas reposer sur des scénarios hypothétiques, mais plutôt sur les six critères énoncés par l’OMS. Le gouvernement doit expliquer à la population quand et comment il respectera ces critères avant d’accélérer le déconfinement, en particulier de Montréal.»      

– Sol Zanetti, porte-parole de Québec solidaire en matière de santé  


«La publication de ces scénarios en catimini un vendredi à 16h, sans en aviser le public, constitue un grave manque de transparence. [...] Ce que ces scénarios révèlent, c’est que le déconfinement doit se faire de manière extrêmement prudente. La courbe pour le Grand Montréal est très inquiétante. Elle n’est visiblement pas très aplatie.»      

– Joël Arseneau, porte-parole du Parti québécois en matière de santé

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