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Les réparateurs de vélos débordés

jérémy bernier

Les ateliers de réparation de vélos sont débordés à Montréal, alors que le coronavirus pousse plusieurs personnes à troquer le transport en commun pour la bicyclette.

«J’ai quatre fois la clientèle que j’avais l’année dernière», a expliqué le propriétaire de l’atelier de réparation Vélo Montréal, Jacques Quevillon.

Dans ce commerce de la rue Rachel, le téléphone ne dérougit pas, même sur les heures de fermeture.

«On a deux semaines d’attente. Avant, c’était une semaine ou 10 jours maximum», a dit celui qui sert ses clients à l’extérieur de la boutique pour limiter les risques de contamination.

Même son de cloche pour Lizanne Albert, cycliste et vendeuse pour la boutique Martin Rooseboom Vélo sur la rue Ontario, où les clients se bousculent jusqu’à la fermeture.

«On avait 73 mises au point en attente à la boutique, donc on n’était pas loin de trois semaines de délai pour faire les réparations», a estimé la vendeuse.

Certains commerçants ne prennent plus de rendez-vous vu la situation exceptionnelle, ce qui force parfois les clients à appeler à plusieurs endroits et à attendre beaucoup plus longtemps.

«Les gens sont déçus et ils aimeraient que les réparations se fassent plus rapidement, mais en général, ils comprennent la situation», a dit Mme Albert.

Nouvelle «nécessité»

Bien que la demande pour les réparations de vélos soit toujours plus élevée en début de saison, la méfiance envers les transports collectifs en cette période de pandémie contribue à amener des clients supplémentaires en magasin, d’après Vélo Québec.

«Les gens vont chercher leurs vieux vélos dans leur cabanon», a illustré Magali Bebronne, chargée de projets en transport actif pour l’association.

Certains commerçants estiment même que la saison sera prolongée cette année et préparent déjà l’arrivée des nouveaux adeptes du vélo d’hiver.

«J’ai une cliente qui m’a dit: "ça me prend un vélo, sinon je vais devenir folle". Je la comprends [...] Le vélo fait partie de la vie des gens plus que jamais», a conclu M. Quevillon.

Les pistes cyclables toujours fréquentées

La distanciation sociale et la peur de la pandémie ont fait drastiquement chuter l’utilisation des transports en commun, qui enregistrent des baisses d’achalandage entre 80 % et 90 % selon les transporteurs.

Le vélo est loin de connaître des chutes aussi dramatiques, d’après des données fournies par la firme Éco-compteur.

En effet, le nombre de passages de vélos aux coins de Saint-Laurent/Bellechasse et Rachel/Papineau n’a baissé que de 30 % en avril 2020. Selon la Coalition vélo de Montréal, il s’agit des endroits les plus achalandés sur l’île, avec 136 312 passages enregistrés en avril de l’année précédente.

«C’est très impressionnant considérant que l’économie est au ralenti et que [presque] personne ne doit se rendre au travail ou à l’école », a indiqué Daniel Lambert, co-porte-parole pour l’organisme.

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