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Résidences et CHSLD: pas de tests pour les proches aidants

Nouvelle journée, nouveau changement de cap de la santé publique : les proches aidants qui viendront en renfort auprès des aînés n’auront plus à subir un test de dépistage pour la COVID-19, a confirmé la ministre Marguerite Blais. 

Mardi, la ministre responsable des Aînés réitérait pourtant que les bonnes âmes qui viendront aider un proche situé dans une «zone froide», non-affectée par le coronavirus, devraient d’abord être testées pour la COVID-19. Ce dépistage était exigé depuis que Québec avait permis, le 14 avril, aux premiers aidants naturels d’entrer dans les CHSLD et autres résidences pour personnes âgées.  

«On s'est rendu compte que c'était complexe. Premièrement, dans un milieu froid, les employés ne se font pas tester aux 15 jours, alors pourquoi le proche aidant se ferait tester aux 15 jours?», a commenté la ministre Blais en commission parlementaire vendredi pour expliquer la volte-face. 

«Si le proche aidant est symptomatique, on espère qu'il ne viendra pas, mais que ce soit un milieu chaud ou un milieu froid, il faut que le proche aidant porte un équipement de protection. C'est ça qui est le plus important, c'est toute la protection pour entrer dans les milieux», a-t-elle ajouté en réponse aux questions du libéral André Fortin.  

 

 

L’opposition inquiète 

Face à ces explications, M. Fortin a fait part de son scepticisme. «Je vous soumets, Mme la Présidente, qu'entre ce qui est plus simple et ce qui est plus prudent, quand on parle de faire entrer le virus potentiellement dans les CHSLD, on devrait toujours voter pour ce qui est plus prudent et non ce qui est plus simple», a-t-il lancé lors des échanges virtuels. 

En point de presse à Montréal quelques heures plus tard, le directeur national de la santé publique a confirmé que son organisme était à l’origine de la nouvelle directive. Il en va du bien-être des résidents, a expliqué Dr Horacio Arruda, qui ont notamment besoin d’être «stimulés». «Je peux vous dire qu’on va changer des choses, comme ça, régulièrement», dit Dr Arruda. 

Le critique libéral André Fortin, lui, s’inquiète de l’infection possible de ces établissements, où des personnes aînées sont particulièrement vulnérables aux complications liées au coronavirus. «De permettre à des gens d’accéder dans les CHSLD, d’aller s’occuper des patients, sans avoir la confirmation que ces gens-là ne sont pas atteints de la COVID-19, c’est de potentiellement permettre au virus d’accéder à des nouvelles résidences», craint-il. 

Le travail des proches aidants, notamment pour nourrir les aînées, entraîne forcément une proximité, souligne-t-il. «La distanciation sociale, pour un proche aidant, ça n’existe pas», dit M. Fortin. 

Une étoile qui pâlit? 

De leur côté, Québec solidaire et le Parti québécois ont remis en question le travail de Marguerite Blais, tant dans son rôle passé de ministre libérale que depuis le début de la crise. Les années libérales «ont été dévastatrices pour les CHSLD» et s’apparentent à «de la négligence criminelle», a lancé la critique solidaire Catherine Dorion au cours des échanges. Elle s’est ensuite ravisée pour parler de «maltraitance organisationnelle». 

«Écoutez, quand un gouvernement décide de couper, on peut crier tant qu'on veut, mais, vous le savez, Mme la Présidente, ça s'appelle aussi la solidarité ministérielle, s’est défendue Mme Blais. Tu cries à l'intérieur du caucus, tu cries à l'intérieur des Conseils des ministres, mais, à un moment donné, il faut que tu te rallies. D'ailleurs, j'ai quitté en 2015 la politique.» 

Invitée en point de presse à préciser si elle avait quitté le gouvernement Couillard en raison de l’austérité, Marguerite Blais a simplement déclaré : «Il y a peut-être des questions entre M. Couillard et moi, pis ça va rester entre M. Couillard et moi». 

De son côté, le critique péquiste Harold Lebel a laissé entendre que l’étoile de l’ex-animatrice de télévision chouchou des aînés pâlit. «Les gens la voyaient un peu comme la protectrice des aînés, et là, on s’aperçoit qu’elle a perdu le contrôle. Présentement, elle essaie plus de défendre les décisions de son gouvernement.»