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Peu de chances que le virus disparaisse avec le beau temps

Stéphanie Martin | Journal de Québec

Le virus de la COVID-19 ne semble pas vouloir prendre de vacances, selon une nouvelle étude qui vient atténuer l’espoir qu’il disparaisse avec le beau temps.  

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Une équipe de scientifiques de l’Université de Toronto a étudié la propagation du virus SRAS-CoV-2 en fonction des latitudes et des températures pour savoir si l’arrivée du temps chaud avait des chances de causer une accalmie.   

Leur travail a été publié dans le Journal de l’Association médicale canadienne. «Nous voulions déterminer si la propagation épidémique était associée au climat ou aux interventions de santé publique implantées pour réduire la transmission du coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 [virus responsable de la maladie COVID-19 NDLR]».   

Pas d’influence  

Or, les résultats laissent entrevoir que la chaleur ne semble pas perturber l’avancée du virus. Les chercheurs ont comparé la progression de l’épidémie dans 144 pays, États et provinces à travers le monde. Et ils ont découvert que ni la latitude ni la hausse de température ne semble avoir d’influence.   

Au Toronto Star, l’une des coauteures de l’étude a expliqué que l’analyse de cet aspect était primordiale. «C’est très important de le considérer, particulièrement en raison du fait que nous sommes un pays nordique, où nous avons des saisons», a indiqué Dionne Gesink, professeure d’épidémiologie à l’École de santé publique de l’Université de Toronto.    

Orienter les actions  

«Il y a toujours cette question fondamentale : est-ce que les choses s’amélioreront avec l’arrivée de l’été, ou empireront-elles au retour du temps froid ? En santé publique, cela nous aide à prévoir comment orienter nos actions.»   

Les chercheurs ont analysé le nombre de cas d’infection à la COVID-19 sur deux périodes en mars, soit du 7 au 13 mars et du 21 au 27 mars.   

«Il n’y avait aucune association à faire entre la propagation de l’épidémie et la latitude ou la moyenne de température», ont conclu les scientifiques. Ils ont noté une faible influence du niveau d’humidité dans l’air.    

Mesures efficaces  

Par contre, ils ont remarqué que les mesures qui ont été implantées dans 38 États sur 144, comme la fermeture des écoles, l’interdiction des rassemblements et la distanciation sociale, avaient eu un impact notable.   

«Les résultats ont démontré une forte influence négative de la croissance de l’épidémie dans la période de suivi, du 21 au 27 mars», lit-on dans l’étude.    

La recherche n’a cependant pas permis de distinguer laquelle de ces trois mesures avait eu le plus d’effet. Elle a cependant conclu qu’une réduction plus importante de la propagation était notée dans les régions qui avaient mis en place deux ou trois mesures, comparativement à celles qui n’en avaient implanté qu’une seule.