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L'Italie veut renvoyer ses mafieux en prison

Agence France-Presse

Le gouvernement italien a adopté dans la nuit de samedi à dimanche un décret resserrant les libérations de détenus pour cause de coronavirus, décision prise après l'émoi suscité par la sortie de prison de chefs mafieux.

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Ce nouveau texte prévoit notamment que ces libérations soient réévaluées toutes les deux semaines, afin de vérifier que les motifs qui les avaient justifiées restent valables.

Selon la presse, 376 criminels ou mafieux ont été libérés pour des raisons sanitaires pendant la pandémie. La plupart sont âgés de plus de 60 ans et ont été placés aux arrêts domiciliaires.

Les cas qui ont suscité le plus de polémique sont ceux de trois parrains, détenus sous le régime dit du «41 bis», c'est-à-dire une détention très stricte réservée aux criminels dangereux et qui permet de les isoler de leur milieu mafieux.

Il s'agit de Francesco Bonura (mafia sicilienne), Vincenzo Iannazzo ('Ndrangheta calabraise) et de Pasquale Zagaria (Camorra napolitaine). Appartenant au clan des Casalesi, ce dernier âgé de 60 ans est atteint d'un cancer.

Sa libération a entraîné la démission, le 30 avril, du chef de l'administration pénitentiaire italienne, Francesco Basentini.

«Le droit à la santé est sacro-saint, mais les arrêts domiciliaires ne sont absolument pas adaptés aux sujets hautement dangereux», se sont récemment indignés les magistrats palermitains, qui dans une déclaration rapportée par le quotidien La Repubblica, estimaient qu'ils devaient être transférés dans des centres médicaux pénitentiaires.

Ces libérations ont suscité les critiques de l'opposition, de la gauche à l'extrême droite.

«Nul ne peut songer à profiter de l'urgence sanitaire provoquée par le Coronavirus pour sortir de prison», selon le garde des Sceaux Alfonso Bonafede, dans une déclaration rapportée dimanche par l'agence AGI, après la publication du nouveau décret. «Il y a une nouvelle règle qui met de l'ordre dans la situation», a-t-il ajouté.