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Au Royaume-Uni, les travailleurs moins qualifiés meurent plus du coronavirus

Agence France-Presse

Les travailleurs moins qualifiés, surtout les hommes, courent davantage de risques de mourir du nouveau coronavirus au Royaume-Uni, selon une étude publiée lundi au moment où le gouvernement veut commencer à redémarrer l'économie.

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Ces travailleurs figurent parmi ceux qui ne peuvent pas travailler de chez eux et qui sont dès lors encouragés par le Premier ministre Boris Johnson à reprendre le chemin du travail cette semaine, malgré le maintien du confinement au Royaume-Uni. 

L'étude du Bureau britannique des statistiques (ONS) porte sur 2494 décès de personnes âgées de 20 à 64 ans enregistrés jusqu'au 20 avril en Angleterre et au Pays de Galles. 

«Les hommes exerçant les professions les moins qualifiées présentaient le taux de mortalité lié à la COVID-19 le plus élevé», a indiqué le bureau de statistiques, évoquant notamment les agents d'entretien ou les ouvriers du bâtiment. Le taux de mortalité est de 21,4 décès sur 100 000 hommes.

«Les hommes travaillant comme agent de sécurité avaient l'un des taux les plus hauts» (45,7), selon l'étude. Les chauffeurs de taxi ou de bus, les cuisiniers et vendeurs figurent parmi les autres professions à risque chez les hommes.

Les hommes et les femmes travaillant dans le secteur social, notamment les maisons de retraite, avaient également «un taux de mortalité significativement plus élevé», a souligné l'ONS. 

Ce n'est en revanche pas le cas pour les soignants, dont les médecins et infirmières.

L'ONS a toutefois mis en garde contre des conclusions hâtives, les chiffres de l'étude n'ayant pas été corrigés de l'origine ethnique des personnes décédées ou de leur lieu de résidence. 

Le Royaume-Uni est le deuxième pays au monde le plus touché par la pandémie derrière les États-Unis, avec près de 32 000 morts. 

Selon deux études britanniques publiées début mai, qui pointent le rôle de facteurs socio-économiques, les personnes noires, asiatiques ou d'autres minorités ethniques habitant dans le pays ont bien plus de risque de mourir du nouveau coronavirus que la moyenne. 

L'ONS avait aussi précédemment constaté que le virus tuait deux fois plus dans les quartiers défavorisés d'Angleterre.