/news/society

Le déconfinement pour protéger les enfants

Gilles Turmel | TVA Nouvelles

Sad alone little boy child

Daniel Jędzura - stock.adobe.com

La réouverture des écoles et des CPE permettra un meilleur dépistage des cas de maltraitance, estime la directrice de la protection de la jeunesse du Bas-Saint-Laurent, Anne Duret.

Selon cette dernière, au cours des deux derniers mois, parents et enfants se sont retrouvés confinés à la maison et pas tout le temps pour le mieux malheureusement.

La DPJ a tenté de maintenir le plus possible les contacts avec les familles qui vivent des problématiques de maltraitance. Mais pandémie oblige, c’était la plupart du temps des contacts téléphoniques.

Avec le retour à l’école et en garderie, ce sera cependant plus facile d’évaluer l’état des enfants vulnérables. Mangent-ils à leur faim? Présentent-ils des signes de violence physique ou mentale?

«Le meilleur filet de sécurité pour les enfants, c'est les écoles, les garderies, les proches qui fréquentent ces enfants-là, a expliqué Mme Duret. Il ne faut pas oublier aussi que le confinement a eu des impacts au plan financier pour plusieurs familles qui ont dû avoir recours aux organismes alimentaires. Il est donc possible qu'il y ait des impacts pour les enfants qu'on découvrira bientôt.»

La DPJ du Bas-Saint-Laurent a reçu une centaine de signalements de moins que l’habitude au cours des deux derniers mois et ce n’est pas nécessairement une bonne nouvelle. Le déconfinement devrait ramener les statistiques à un niveau tristement plus normal croit-on.

La directrice craint aussi une explosion de nouveaux cas et avoue être préoccupée par les enfants qui vont demeurer à la maison. Les garder isolés encore plus longtemps n’est pas l’idéal.

Anne Duret invite d’ailleurs les parents à être attentifs à leurs propres réactions, même ceux qui n’ont jamais connu d’épisodes d’impatience ou de violence envers leurs enfants.

«C'est normal d'être moins patient, a affirmé Anne Duret. Il s'agit de tenter à l'intérieur de cette réalité-là de prendre du temps pour soi quand même et de demander de l'aide quand on pense qu'on dépasse les limites et qu'on se fait un peu peur. Il n'y a pas un parent qui n'est pas affecté par la situation actuelle, le contraire serait plus étonnant.»

En général, la DPJ du Bas-Saint-Laurent reçoit entre 2600 et 2800 signalements de maltraitance à l’égard d'enfants.