/news/coronavirus

Ces aidants naturels qui refusent de visiter leurs proches

TVA Nouvelles

Convaincus que le jeu n’en vaut pas la chandelle, des proches aidants se résignent à se couper de leurs proches en CHSLD pour ne pas leur transmettre la COVID-19 à leur insu.     

Denis Lévesque s’est entretenu avec l’une d’entre eux, Diane Tanguay. Depuis le début de la pandémie, cette dernière n’a pas revu son mari hébergé au CHSLD privé l’Orchidée blanche, à Laval. Même si elle en a le droit depuis peu, elle se refuse à aller le visiter, de crainte qu’elle ou un autre visiteur fasse entrer le virus dans la résidence pour le moment épargnée.     

Elle ne prend pas cette décision de gaieté de cœur. «J’étais la fille qui allait voir son mari sept jours par semaine. Pensez-vous que ça ne me fait pas mal, de ne pas être là? Pensez-vous que je n’ai pas peur que mon mari ne me reconnaisse pas, qu’il m’oublie? Je lui parle au téléphone et des fois il pense que je suis une ancienne blonde, c’est pas des farces!»    

Halte aux visites    

Aujourd’hui, Diane Tanguay milite activement pour que le gouvernement Legault impose un moratoire des visites des proches aidants dans les CHSLD de la communauté métropolitaine de Montréal.    

Laval est une zone chaude, insiste Mme Tanguay. Les résidents des Centres d’hébergement Fernand-Larocque, de la Pinière et Sainte-Dorothée, tous près de celui de l’Orchidée blanche, ont été «décimés», selon ses dires.     

«On a un bulletin exemplaire à l’Orchidée blanche. On demande à M. Legault qu’il y ait un moratoire [sur les visites en CHLSD]. C’est parce qu’on les aime qu’on veut que ça cesse», plaide la proche aidante. De plus, elle déplore que les visiteurs ne soient plus soumis à un test de dépistage avant de pouvoir visiter leurs proches.     

Une trentaine de personnes se sont réunies jeudi devant le CHSLD pour manifester leur appui à cette demande. Plusieurs ont aussi signé une lettre adressée au premier ministre à ce sujet.    

Bien que la décision du gouvernement de permettre les visites en proches aidants ne fasse pas l’unanimité, de nombreux aidants, comme Jean-Guy Sirois, espéraient depuis plusieurs semaines pouvoir retrouver leur être cher tout en respectant les consignes sanitaires. 

Dans la même catégorie