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Pour survivre, les régions touristiques cibleront leur propre «monde»

Michaël Labranche et Raphaël Lavoie | Agence QMI

Les Québécois seront-ils touristes dans leur ville et leur région? Chose certaine, ils seront dans la mire de leur propre association touristique régionale cet été.

Alors que l’on tente normalement d’attirer des visiteurs de l'extérieur, les régions souhaitent que les populations locales s’approprient davantage leur coin de pays.

«On ne leur a jamais vraiment vendu [leur propre région]. On l’a vendue à tout le monde, sauf à notre monde», a dit le directeur général de Tourisme Bas-Saint-Laurent, Pierre Lévesque.

Des efforts viseront plus particulièrement à promouvoir le terroir et les produits locaux.

«Il y a déjà une habitude de visiter les attraits locaux, mais on va l’augmenter. On va s’en rendre fier. Il y a l’utilisation des produits locaux également. On va travailler avec les Saveurs du Bas-Saint-Laurent pour maximiser ça», a précisé M. Lévesque.

De nouveaux circuits touristiques seront créés en fonction des commerces qui pourront ouvrir leurs portes.

«Ambassadeurs» sur la Côte-Nord

Sur la Côte-Nord, l’idée de cibler la population locale avait été évoquée par l’industrie touristique lors des dernières années.

«C’est quelque chose à laquelle on pensait, mais qu’on n’avait pas mis en place parce que ce n’était pas tout à fait notre mandat prioritaire. C’est une opportunité cette année de le faire», a-t-il expliqué.

Tourisme Côte-Nord prépare déjà une campagne interactive sur les réseaux sociaux qui invitera les Nord-Côtiers à partager leurs «petits trésors cachés» de la région, transformant les citoyens en «vrais ambassadeurs» de leur coin de pays.

«Le petit endroit où on fait un pique-nique sur le bord de la plage et où on peut voir le coucher de soleil, l’endroit où on peut observer les baleines à partir des berges. Des fois, ça va peut-être être de petites choses, mais qui vont faire la différence. Il faut être original, il va falloir faire différemment cette année», a souligné M. Leblanc.

Le directeur de Tourisme Charlevoix, Mitchell Dion, indique de son côté qu’il y aura prochainement une rencontre avec les différents élus de la région pour définir un plan de relance touristique et qu’il est vrai, qu’à court terme, «il y aura plus d’actions déployées au marché local et les marchés limitrophes».

Des mesures insuffisantes

Les dirigeants des associations touristiques régionales soutiennent toutefois que ces initiatives locales ne parviendront pas à sauver complètement leur industrie touristique.

«Ça va être une opportunité, mais ce n’est pas suffisant pour nous faire vivre, a concédé le directeur de Tourisme Côte-Nord. On est une population de 95 000 habitants. Donc, c’est une première étape. Plus ça va aller, à mesure que la santé publique va nous le permettre, on va inviter nos voisins immédiats et, après ça, on va élargir à l’ensemble de la province.»

«Pour le tourisme, ça nous prend des marchés. Le marché bas-laurentien avec la Gaspésie, ce n’est pas assez. C’est correct, ce serait un bon début, mais ce n’est pas assez pour pouvoir opérer des infrastructures touristiques, ça nous prend des marchés comme Québec et ultimement Montréal», a admis M. Lévesque.

De ce fait, les visiteurs québécois seront d’autant plus primordiaux cet été, alors que les régions ne pourront pas compter, pour le moment, sur les voyageurs étrangers.

«C’est une perte énorme. Juste pour Tadoussac, l’été, c’est 65 % de la clientèle qui est hors Québec. C’est un petit village qui va être à découvrir pour les Québécois», a donné en exemple le directeur général de Tourisme Côte-Nord.