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Privée des derniers moments de lucidité de son mari à l'hôpital

On a interdit à Roseline Cloutier de visiter son mari en phase terminale dans une zone froide de l’hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil, pendant plus d’une semaine.    

«Ça m'a juste enlevé du temps, les derniers moments, les plus importants, avec mon mari», se désole sa femme.   

Pierre-Paul Lavallée, atteint du cancer des poumons, était hospitalisé depuis le 1er mai. Ses derniers examens confirmaient que son état s’aggravait et qu’il était dorénavant en phase terminale.    

Cependant, il n’a pas été placé immédiatement dans une unité de soins palliatifs. On a continué à lui prodiguer des soins, ce qui empêchait ses proches de le visiter en raison de la pandémie.    

«Quand on a des usagers qui ont des soins actifs, on respecte la règle. Il n’y a aucun visiteur autorisé», explique la Dre Katherine Buote, médecin coordinatrice pour la COVID-19 à l’hôpital Pierre-Boucher.    

Pendant une longue semaine, M. Lavallée a été privé de la visite de sa famille. Le 9 mai, il a été transféré dans une unité de soins de fin de vie, où ses proches espéraient finalement pouvoir lui faire leurs adieux, tel qu’autorisé par le ministère de la Santé. Mais ils allèguent qu’un docteur qui n’était pas au courant des normes a interdit leur visite.    

Le lendemain, ils ont pu se rendre finalement à son chevet pendant une heure. À la sortie, on leur a toutefois ordonné de se placer en quarantaine, même si M. Lavallée se trouvait dans une zone froide.    

«On a fait des pieds et des mains pour dire: "ça a pas d'allure!"», s’insurge sa fille, Suzie Lavallée.    

Selon l'hôpital, il y aurait eu mésentente à ce sujet.    

  

Fin de vie   

Depuis trois jours, son épouse et sa fille peuvent visiter M. Lavallée de 8 h à 22 h, mais il est désormais sous sédation palliative et dort continuellement.   

Toutes deux auraient souhaité qu'il soit transféré à la maison de soins palliatifs Victor-Gadbois, comme il le voulait, mais cela a été impossible. Actuellement, les usagers à la maison sont priorisés pour les maisons de soins palliatifs, indique Dre Buote.    

«Qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête pendant tout ce moment-là?, demande sa fille, éplorée. On espère juste... qu'il ne nous en voudra pas.»

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