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C'est parti: une troisième piste pour vaincre la COVID-19

TVA Nouvelles

Un nouveau cas de COVID-19...

La nouvelle aurait débouté n’importe quel autre établissement mais, au Centre hospitalier universitaire (CHU) Ste-Justine de Montréal, c’était ce qu’on attendait impatiemment pour lancer une étude qui pourrait se solder par la victoire tant attendue contre le coronavirus. 

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Dr Philippe Bégin, chercheur, participe à l’étude pancanadienne CONCOR-1, dont le but est d’évaluer l’efficacité de la transfusion de plasma sanguin d’individus qui ont eu la maladie COVID-19, donc des anticorps, vers des patients dans un état sévère et critique.

« On a eu notre grande première [jeudi] soir, on a eu un premier sujet randomisé dans l’étude. Il a reçu, pour la première fois au Canada, un plasma convalescent pour traiter une COVID-19 », lancé Dr Bégin en entrevue sur les ondes de LCN, vendredi, sur le ton d’un prudent optimisme. 

Maintenant, patience. Plus les cas de COVID-19 s’additionneront, plus l’étude CONCOR-1 recensera des données pertinentes. On espère statuer sur l’efficacité de la transfusion de plasma contre le nouveau coronavirus à l’automne.

Une réponse d'ici la fin de l'année?

Cette échéance est plus qu’encourageante, quand on sait que certaines personnes comme le président Donald Trump espèrent voir un vaccin naître d’ici la fin de 2020,

« Il est trop tôt pour faire un constat, a prévenu Dr Bégin. Pour chaque patient qui reçoit le plasma convalescent ou standard, de façon aléatoire, on se donne les 30 jours qui suivent pour voir l’évolution. Les anticorps, une fois transfusés, vont faire leur effet dans les jours qui suivent. »

L’allergologue et les autres chercheurs impliqués dans l’étude prévoient l’inclusion de 1200 patients. Cet été, des experts indépendants jetteront un coup d’œil aux premiers résultats dans le cadre d’une évaluation intérimaire. À ce moment, on pourra prendre l’une ou l’autre de trois décisions : continuer l’étude jusqu’à l’échéance ou l’arrêter en raison de résultats « tellement favorables » ou « tellement défavorables ».

Qu’importe l’échéance, Dr Bégin dit qu’en cas de résultat favorable, un traitement de la COVID-19 par transfusion de plasma sanguin sera assurément accessible au grand public.

« La quantité de donneurs potentiels suit la courbe des cas de COVID-19 - à retardement, a-t-il expliqué. Plus on avance, plus on aura de donneurs et plus on bâtit l’infrastructure avec Héma-Québec et de la Société canadienne du sang pour collecter de plus en plus, ce qui permettra d’étendre les mesures à plus grande échelle. »